Christianisme

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Définition

John S. Knox
de , traduit par Jerome Couturier
publié le 22 septembre 2016
X

Texte original en Anglais : Christianity

The Last Supper (by Escarlati, Public Domain)
La Cène
Escarlati (Public Domain)

Le Christianisme est un mouvement monothéiste, déontologique et populaire sorti d'une secte juive, qui se concentre sur la vie, les enseignements et la mission de Jésus de Nazareth (connu aussi comme Jésus Christ). Il commença à Jérusalem en Judée au 1er siècle EC, et se déplaça vers le nord et l'ouest dans la région méditerranéenne à travers les activités des disciples et apôtres personnellement choisis par Jésus - Pierre, Paul, Jacques et Jean (entre autres). Parti d'une petite secte juive messianique, le Christianisme au 4ème siècle EC dominait toutes les autres religions de la société gréco-romaine et se répandait dans tout l'Empire Romain, aussi loin au nord que jusqu'en Grande-Bretagne antique, et peut-être aussi loin à l'est qu'en Inde. Contrairement à d'autres mouvements gnostiques de l'époque, le message chrétien était censé être ouvertement et honnêtement partagé à quiconque l'entendrait, indépendamment de sa race, de son sexe, et de son statut économique ou social. Le récit du Christianisme est complexe, tout comme les premières doctrines chrétiennes qui sont mieux comprises dans les contextes culturels et historiques de l'époque et à travers les décisions-clés et les actions des adeptes du mouvement.

L'Histoire Traditionnelle de Jésus

Sur la base des Ecritures Chrétiennes traditionnelles, des croyances de la communauté et des écrits historiques non canonisés des Pères de l'Église, le Christianisme primitif enseignait que Jésus de Nazareth (appelé Jésus-Christ) était/est le Fils de Dieu, accomplissant les prophéties juives séculaires d'un Messie à venir pour libérer le peuple de Dieu de l'esclavage. Paradoxalement, ce Messie était incarné comme un être pleinement humain, vivant une vie sans péché afin de devenir le sacrifice parfait pour réconcilier toute l'humanité avec Yahweh, le Dieu créateur juif. Dans sa mission terrestre, Jésus exerça son ministère auprès du peuple d'Israël et des régions voisines qui souffrait spirituellement et physiquement, il promouvait une foi pure et personnelle basée sur l'amour absolu de Dieu et du prochain, et il défiait la corruption/l'oppression des élites politique et religieuse.

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Sur le plan social, cela mena à une controverse et à un conflit avec les pouvoirs en place à Jérusalem, en Judée et dans les possessions romaines. Finalement, Jésus fut arrêté, jugé et condamné par le Sanhédrin sous Caïphe, le Grand Prêtre du Temple, et devant les tribunaux romains sous Ponce Pilate, gouverneur romain de Judée, pour trahison (bien que les ennemis juifs de Jésus voulaient qu'il soit reconnu coupable de blasphème). Ironiquement, dans les deux cas, le procès de Jésus viola les jurisprudences traditionnelles et officielles juive et romaine pour les crimes capitaux, les procédures et le protocole, se terminant par une sentence illégale suivie d'une exécution par crucifixion, qui fut menée par des soldats romains le jour appelé plus tard 'Vendredi Saint'.

LE PROCÈS DE JÉSUS VIOLA LES JURISPRUDENCES TRADITIONNELLES et OFFICIELLES JUIVE et ROMAINE POUR LES CRIMES CAPITAUX, LES PROCÉDURES et LE PROTOCOLE, SE TERMINANT PAR UNE SENTENCE ILLÉGALE SUIVIE D'UNE EXÉCUTION PAR CRUCIFIXION.

Selon de multiples témoignages oculaires (comme détaillé dans les Évangiles et les Épîtres), Jésus - miraculeusement vivant à travers une résurrection surnaturelle par Dieu - est apparu à une variété de personnes, ayant parfaitement accompli la mission de son Père sur terre. Quelque peu ironique compte tenu du patriarcat de l'époque, la première apparition de Jésus fut à une femme, Marie-Madeleine, qui courut immédiatement dire aux autres disciples ce qu'elle avait vu et entendu. Les rencontres ultérieures de Jésus comprirent Marie mère de Jacques, Salomé, Jeanne, Jacques demi-frère de Jésus, le disciple principal Pierre, les onze disciples restants (à l'exception de Judas qui s'était suicidé), et l'apôtre Paul (initialement Saül de Tarse) qui plus tard contribua beaucoup à l'établissement du Christianisme en Europe. En fait, dans la première Epître aux Corinthiens, Paul rapporte que plus de 500 personnes virent Jésus, le Christ ressuscité, tous en même temps, bien que certains d'entre eux étaient déjà morts au moment où il écrivit sa lettre (1 Corinthiens 15:6).

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Jesus Christ Pantokrator
Pantocrator Jésus-Christ
Hardscarf (CC BY-NC-SA)

Après une période de 40 jours de visite et de confirmation qu'il était effectivement ressuscité des morts comme il l'avait dit, Jésus quitta le royaume terrestre et monta au ciel, envoyant le Saint-Esprit pour guider et habiliter ses disciples. Il les avait déjà préparés et appelés à être des enseignants, des guides et des annonciateurs d'une promesse messianique accomplie, et du plan d'amour de Dieu pour le salut, qui devaient être partagés depuis la Judée vers tout le monde des Gentils (non juifs) connu.

Le Mouvement Chrétien Primitif

Avec le commandement de Jésus: "Allez, et faites des disciples dans toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé. Et voici, je suis toujours avec vous, jusqu'à la fin des temps" (Matthieu 28:19-20). Les disciples de Jésus commencèrent à partager la bonne nouvelle du Messie (Christ, en grec) ressuscité, et les avertissements éthiques de Jésus sur l'amour parfait de Dieu et du prochain.

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Spread of Christianity Map (up to 600 CE)
Carte de diffusion du christianisme (jusqu'en 600 EC)
Karyna Mykytiuk (CC BY-NC-SA)

Bien que les Pharisiens (secte juive conservatrice) et les leaders juifs aient considéré que la dangereuse influence de Jésus devait être réprimée avec son exécution (particulièrement avec la menace/avertissement de la crucifixion pour avoir embrassé de telles croyances), le message chrétien continua à être aussi attirant et attrayant, et le mouvement se développa de manière exponentielle. De plus, alors que les leaders oppressifs et contrôleurs du Judaïsme continuaient dans leur voie réactionnaire, les premiers Chrétiens offraient l'inclusion et la liberté à ceux qui souhaitaient se joindre à 'La Voie' (comme le mouvement était parfois appelé).

En cette période de grandes difficultés économiques et sociales, l'évangéliste Luc rapporte dans son ouvrage sur l'histoire de l'Église, Les Actes des Apôtres:

Et tous ceux qui croyaient étaient ensemble et avaient toutes choses en commun; et ils commencèrent à vendre leurs biens et leurs possessions et les partageaient entre tous, selon les besoins de chacun. Jour après jour, ils continuaient, unis dans le temple, et rompant le pain de maison en maison, ils prenaient leurs repas ensemble avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu et ayant la faveur de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait à leur nombre jour après jour ceux qui devaient être sauvés (Actes 2: 44-47).

Sans surprise, alors que le nombre de disciples de Jésus augmentait, les leaders juifs qui s'étaient sentis auparavant menacés par le message et l'influence de Jésus sur une société sur laquelle ils voulaient la pleine hégémonie, craignaient que le mouvement ne se rallume, et dirigèrent leurs critiques et persécutions contre les disciples et adeptes de Jésus. Beaucoup fuirent la région vers des zones plus sûres et plus réceptives (du moins, au début). Pourtant, beaucoup parmi les leaders chrétiens primitifs restèrent courageusement à Jérusalem et en Judée pour professer leur message d'amour et de salut chrétiens, ce qui conduisit à des abus publics de la part des autorités déterminées à éteindre cette secte dangereuse du Judaïsme messianique. L'apôtre Luc rapporte:

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. . . et après avoir appelé les apôtres, ils les fouettèrent et leur ordonnèrent de ne pas parler au nom de Jésus, puis les relâchèrent. . . Et chaque jour, dans le Temple et de maison en maison, ils ne cessaient d'enseigner et de prêcher Jésus comme étant le Christ (Actes 5:40, 42).

Saints Peter and Paul, from a Catacomb Etching
Saints Pierre et Paul, d'après une gravure de catacombe
Anonymous (CC BY-SA)

La Persécution Chrétienne

Ce zèle chrétien en incitait beaucoup à suivre; cependant, cela en poussa aussi beaucoup de l'autre côté à passer de la dispute à des actes plus sérieux. Ainsi, l'apôtre Etienne fut le premier martyr rapporté du mouvement chrétien (Actes 6:8-8:2), et sur la base de récits extra-bibliques de l'époque, d'autres suivirent peu après. Le disciple André fut crucifié en 'X' à Patras, en Grèce. Le disciple Matthieu fut tué par l'épée en Ethiopie. Le disciple Barthélémy (connu aussi sous Nathanaël) fut fouetté à mort en Arménie. Le disciple Jacques de Zébédée (Jacques le Majeur) fut décapité à Jérusalem. Le disciple Thomas fut tué d'un coup de lance en Inde. Le disciple Jude (appelé aussi Thaddée) fut tué pendant son travail missionnaire. Le disciple remplaçant de Judas, Matthias, fut lapidé et décapité pour sa foi à Jérusalem. L'apôtre et évangéliste Jean fut jeté dans l'huile bouillante, mais il survécut finalement. L'apôtre Barnabé (ou Barnabas) fut lapidé à mort à Salonique. L'évangéliste Marc fut traîné à mort par des chevaux dans les rues d'une ville près d'Alexandrie. Jacques le Juste fut jeté du haut du Temple à Jérusalem, puis matraqué à mort. Le chef des disciples, Pierre, fut crucifié tête en bas à Rome, sous l'empereur Néron. Enfin, l'apôtre Paul fut décapité, sous les persécutions de Néron.

Dès que le mouvement chrétien primitif s'étendit, les premiers disciples de Jésus transmirent leur compréhension de la nouvelle alliance entre Dieu et l'humanité aux peuples de culture gréco-romaine qu'ils rencontraient. Plus encore, ils partageaient une philosophie religieuse nouvelle et affirmée qui allait à l'encontre des mœurs superstitieuses, hédonistes et relativistes de l'époque. Ils parlaient de la réalité du Dieu unique et réel à des communautés polythéistes qui n'avaient jamais connu la vie sans un panthéon de dieux toujours plus nombreux (et bien souvent méconnus). Ils encourageaient les gens à vivre par l'esprit et non par la chair, adoptant des modes de vie chastes qui respectaient le corps des autres (et le leur) au lieu d'abuser de la sexualité pour un plaisir momentané. Ils exhortaient chacun à prendre soin des plus faibles et des plus nécessiteux - les veuves, les orphelins, les pauvres - et à éviter les actes comme le divorce et les poursuites qui empoisonnaient les relations des uns avec les autres. Dans le monde gréco-romain, des idées comme celles-ci étaient radicales, rafraîchissantes, mais étaient parfois considérées aussi comme subversives, sinon perverses.

Un tel activisme chrétien ne passait pas inaperçu, en particulier pour les leaders provinciaux qui n'aimaient pas les troubles civils qui interféraient avec la Pax Romana et le profit monétaire. Avec la destruction du Temple de Jérusalem en 70 EC et la dispersion forcée des Juifs d'Israël qui suivit (formation de la Diaspora), la répression contre les Chrétiens après le 1er siècle EC provenait principalement du pouvoir romain qui craignait peu, voire pas, les représailles ou la vengeance de la part des Chrétiens, qui étaient connus pour leur passivité et leur tranquillité (et qui avaient peu d'amis politiques au Sénat). Ainsi, les membres du mouvement chrétien primitif devinrent souvent des cibles politiques et des boucs émissaires devant les tensions sociales et politiques avec certains souverains, dans les périodes de turbulence des trois premiers siècles EC. Cependant, les persécutions étaient sporadiques et rarement à l'échelle de l'empire, mais elles étaient néanmoins dévastatrices.

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Paul the Apostle
L'Apôtre Paul
RomanZ (CC BY-NC-SA)

Les persécutions des Chrétiens ne se sont pas terminées avec la mort des disciples et des apôtres; leurs élèves et successeurs, les Pères de l'Église (théologiens, chefs d'églises et défenseurs du christianisme orthodoxe) endurèrent également l'hostilité et les mauvais traitements romains pour leurs croyances, tout comme d'autres Chrétiens de la périphérie, de tous âges, qui s'appelaient eux-mêmes "Chrétiens". Les trois principales périodes de persécution se sont déroulées de 64 à 95 EC (de l'Empereur Néron à Domitien), de 112 à 250 EC (de l'Empereur Trajan à Dèce) et de 250 à 311 EC (de l'Empereur Valérien à Dioclétien).

En général, les personnes de toutes confessions religieuses étaient tolérées au sein de l'Empire Romain; après tout, le polythéisme était la norme pour la plupart des sociétés méditerranéennes à cette époque. Cependant, pour que l'Empire fonctionne de manière efficace et profitable, l'ordre social devait être maintenu à tout prix. La soumission à l'empereur n'était pas une option, mais les Chrétiens ne pouvaient pas et ne voulaient pas dire "Seigneur" à l'empereur intronisé, ou faire une offrande à leur honneur divinisé. Cela causa de fréquentes frictions avec les autorités romaines, et celui qui déclenchait un conflit était moins important pour les gouverneurs romains que le maintien de la paix et de la soumission. Par conséquent, les éléments gênants étaient éliminés comme un avertissement à ceux qui contesteraient la règle absolue de Rome.

Le sénateur et historien romain Tacite (56-120 EC) raconte:

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Néron érigea en coupables et punit avec le plus grand raffinement de cruauté une classe détestée pour ses abominations, communément appelées Chrétiens. Les boucs émissaires de Néron (les Chrétiens) étaient le choix parfait car ils soulageaient temporairement la pression des diverses rumeurs circulant à Rome. Christ, d'où leur nom est dérivé, a été exécuté par les mains du procureur Ponce Pilate sous le règne de Tibère. Sous contrôle un moment, cette superstition pernicieuse éclata à nouveau, non seulement en Judée, source du mal, mais même à Rome...

Étant si contre-culturels et moralement provocants, de nombreux Chrétiens se sont retrouvés à être un divertissement (ou un avertissement à tous ceux qui devaient être à l'origine d'un conflit ou d'une rébellion) au Cirque Romain ou dans d'autres arènes de gladiateurs de l'Empire. Ils pouvaient y être crucifiés, brûlés vifs, jetés aux lions ou à d'autres bêtes sauvages sans armes de défense, décapités, empalés sur des piques ou des lances, pendus, tirés et écartelés, ou tués par des gladiateurs (bien que de tels événements n'étaient pas très spectaculaires compte tenu de la non-résistance pacifique des premiers Chrétiens). Le nombre de Chrétiens tués au cours de ces grandes persécutions est inconnu; cependant, de nombreux chercheurs pensent qu'il se chiffrait par milliers. Certains martyrs étaient des leaders dans l'église encore en croissance, mais la plupart des autres n'étaient que de simples adeptes de base dans le mouvement de Jésus.

Circus Maximus Reconstruction
Reconstruction du Cirque Maxime
B. Fletcher (Public Domain)

Bien que tous les empereurs romains n'aient pas été impitoyables dans leur traitement des Chrétiens, plusieurs se distinguent par leur sévérité ou leur cruauté. L'empereur Néron (règne 54-68 EC), émotionnellement instable, impliqué dans plusieurs conspirations, médiocre administrateur, utilisa les Chrétiens comme une diversion de ses échecs et de ses frustrations impériales. L'empereur Domitien (règne 81-96 EC) était considéré comme "quelqu'un de foncièrement méchant, impoli, insolent, arrogant et cruel". En penseur manichéen, il introduisit des lois anti-juives et anti-chrétiennes et demanda aux Chrétiens de l'adorer en tant que dieu (on devait l'appeler dominus et deus, 'maître et dieu'). L'empereur Dèce (règne 249-251 EC) publia également des édits pour supprimer le Christianisme, exigeant que tous les évêques chrétiens lui offrent des sacrifices.

En dépit de la fameuse cruauté de Néron, les plus grandes persécutions se produisirent peut-être pendant le règne de l'Empereur Dioclétien (règne 284-305 EC). Fanatique du Paganisme, il se faisait appeler 'le Vicaire de Jupiter' et croyait que le déclin du pouvoir romain était plus dû au Christianisme qu'à une mauvaise gouvernance. Ainsi, il publia les édits anti-Chrétiens les plus durs de tous les empereurs, ordonnant que tous les Chrétiens soient privés de fonction politique, que toutes les églises, les écritures et bibles chrétiennes soient brûlées, et que tous les cultes publics ou privés cessent. En dépit de ses mesures austères, le mouvement chrétien se renforçait cependant.

L'un des martyrs chrétiens les plus célèbres fut Polycarpe, évêque de Smyrne (Turquie), qui fut exécuté pendant ou autour du règne de Marc Aurèle (161-180 EC). Polycarpe, l'un des disciples de l'apôtre Jean - les autres étant Papias de Hiérapolis (vers 70-163 EC), Ignace d'Antioche (vers 35-108 EC) et Irénée de Lyon (vers 130-202 EC) - fut un gardien de la foi inflexible jusqu'à la fin de ses jours. Dans le Martyre de Polycarpe, l'auteur (inconnu) écrit:

Cela fait quatre-vingt-six ans que j'ai servi le Christ, et il ne m'a jamais fait de mal. Comment donc blasphémer mon Roi qui m'a sauvé? Vous menacez avec un feu qui brûle pendant une heure puis s'éteint; mais vous ne savez rien du feu du jugement à venir et du feu du châtiment éternel. Apportez [le supplice] que vous voulez.

Le martyre ne se limitait pas aux officiels du mouvement chrétien ou aux croyants du seul sexe masculin. En 203 EC, cinq Carthaginois défièrent les ordres impériaux de Septime Sévère (145-211 EC) interdisant la conversion au Christianisme, il furent arrêtés, y compris Vibia Perpetua (Perpétue), une noble romaine de vingt-deux ans et sa servante, Felicitas (Félicité). Jeune mère, Perpétue, fut autorisée à allaiter son jeune enfant en prison, et Felicité était enceinte de huit mois, mais les deux femmes refusèrent de renoncer à leur foi (malgré les objections et les supplications du père de Perpétue). Au cours de leur exécution, elles ont d'abord été mutilées par une vache folle, pour finalement être achevées à l'épée dans l'arène. Les trois autres esclaves masculins - Revocatus, Saturninus et Secundulus - furent fouettés puis jetés dans l'arène pour affronter un sanglier, un ours et un léopard.

Le Canon de l'Écriture et Orthodoxie

Même avec les défis faits au mouvement chrétien mentionnés ci-dessus, depuis ses débuts et à travers les siècles de son développement, le Christianisme se concentrait sur son fondateur - Jésus-Christ de Nazareth. Les Apôtres et les Pères de l'Église travaillèrent pour préserver le message authentique de Jésus et de ses disciples, rejetant les travaux et les idées qui n'étaient que de simples mythes non fondés, des biais personnels ou des enseignements incohérents concernant la théologie de Dieu et de Jésus. De plus, une règle ou une croyance majoritaire devait être acceptée par les conciles œcuméniques de toutes les régions de l'Empire Romain - Antioche, Rome, Alexandrie, Carthage, etc. Avant qu'il y ait engagement, il devait y avoir un consensus chrétien prudent.

Mosaic Floor from a Villa at Hinton St. Mary
Sol en mosaïque d'une villa à Hinton St. Mary
Osama Shukir Muhammed Amin (CC BY-NC-SA)

Pour déterminer la norme ou le canon des écritures, les premiers leaders chrétiens utilisèrent un 'agrément' en quatre parties et une expression de la communauté internationale pour approuver ou rejeter des livres et des épîtres pour l'inclusion dans la Bible. Premièrement, les écrits devaient être Catholiques, utilisés universellement dans toute la religion méditerranéenne. Deuxièmement, les écrits devaient être orthodoxes, à savoir ils devaient inclure des vérités correctes sur Jésus et son message. Troisièmement, les écrits devaient être apostoliques ou écrits au temps de Jésus par ses disciples/apôtres. Enfin, les écrits devaient être traditionnels ou utilisés souvent et régulièrement par les églises chrétiennes. Si un livre ou une épître pouvait être couvert par ce 'manteau', il méritait d'être inclus dans le canon biblique.

De plus, en raison de leur proximité historique avec Jésus et de la formation directe de leurs auteurs par lui, les récits et les épîtres de l'Évangile des disciples/apôtres étaient considérés comme des sources supérieures faisant autorité pour caractériser la doctrine chrétienne authentique. Contrairement à certains qui prétendent que ces premiers Pères de l'Église chrétienne firent leurs choix par avantage personnel, il est intéressant de noter qu'aucun des écrits des Pères Apostoliques (La Didachè, l'épître de Clément de Rome, les épîtres d'Ignace d'Antioche, l'épître de Polycarpe, l'épître de Barnabé, le Pasteur d'Hermas, etc.) ne fait partie du canon biblique malgré leur grande valeur culturelle et leur influence.

Ainsi, en dépit de différences et spécificités régionales, en dépit de fortes personnalités et la prédominance de la communauté, les principes majeurs du Christianisme furent établis pour l'Église en utilisant les Écritures comme guide principal, et ils furent confirmés seulement par des conciles œcuméniques de toute la région méditerranéenne. Cela a été fait ainsi, à la fois pour l'unité au sein du corps chrétien, mais aussi pour se protéger contre les idées hérétiques s'infiltrant dans le Christianisme par divers faux prêcheurs et mouvements (dont beaucoup existent encore aujourd'hui).

Par exemple, dans les premiers temps du Christianisme, les Gnostiques professaient une voie secrète vers le divin qui vilipendait la chair et contredisait la théologie des écritures hébraïques, avec son propre panthéon de divinités, de démons et d'esprits. Le Docétisme promouvait l'idée que Jésus ne faisait que sembler mourir sur la croix, car il n'était qu'esprit et jamais vraiment incarné. L'Arianisme soutenait que Jésus était un être créé, non égal à Dieu le Père. Le Nestorianisme soutenait que Jésus existait en tant que deux personnes distinctes, et que seul Jésus humain a souffert et est mort sur la croix. Le Pélagianisme a suggéré l'idée que le péché originel d'Adam ne s'est pas produit à travers lui pour toute l'humanité, et que tous les êtres humains peuvent assurer leur propre salut par leur volonté et des choix sages. Tous ces mouvements contredisaient, d'une certaine manière, les preuves bibliques de l'Ancien et du Nouveau Testament.

Holy Trinity
La Sainte Trinité
Fr Lawrence Lew, O.P. (CC BY-NC-ND)

Par conséquent, en utilisant la vérification biblique, les premiers leaders de l'église s'efforcèrent ardemment de composer et de communiquer la relation surnaturelle du Père, du Fils et du Saint-Esprit, qu'ils ont finalement appelée 'la Trinité'. Plus précisément, les Pères de l'Église ont conclu que Dieu existe en tant que divinité unique avec, dans son ontologie, trois personnes distinctes mais liées en permanence. Ainsi, bien que Dieu unique, il est également différencié en lui-même pour accomplir sa divine volonté au ciel, dans l'univers et sur terre. Il ne s'agit pas de trois entités ou êtres séparés; il n'est pas non plus une seule personne se révélant sous trois formes (ce que prétend l'hérésie Modalisme). Paradoxalement, les personnes de Dieu sont simultanées et non consécutives, et via la 'Périchorèse', elles "dansent les unes autour des autres", se concentrant sur des activités spécifiques tout en s'enveloppant et agissant mutuellement. Même si elle n'est pas spécifiquement référencée par un mot dans la Bible, la réalité de la Trinité peut être observée à la fois dans les écritures hébraïques et grecques, bien qu'elle soit plus visible dans les assertions et les explications des auteurs du Nouveau Testament.

Pour préserver le message original et la signification du Christianisme, plusieurs communautés chrétiennes ont créé des croyances, des 'credo' (une déclaration formelle de croyance religieuse) pour aider à définir et à défendre la doctrine et les caractéristiques chrétiennes. Beaucoup considèrent Romains 10:8-9 comme le premier credo chrétien: "La parole de foi que nous proclamons: si tu confesses de ta bouche 'Jésus est le Seigneur', et crois en ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts , tu seras sauvé".

La tradition chrétienne suggère que plus tard, après la crucifixion de Jésus, les disciples de Jésus écrivirent le Credo des Apôtres (vers 150 EC), bien que la recherche moderne place la date après le 2ème siècle EC. Cet ancien credo présente Dieu comme le créateur, discute de la naissance, de la mort, de la résurrection et de l'ascension de Jésus au ciel. Il fait également référence au Saint-Esprit et à sa communication avec le monde (bien qu'il omette une discussion officielle sur la Trinité), et il se termine avec une explication de l'Église et de ses saints, et de l'au-delà.

Sous la supervision de l'empereur Constantin Ier, le Credo de Nicée (325 EC) fut composé par un concile œcuménique, et fut et est accepté comme faisant autorité pour la plupart des groupes chrétiens, mais pas pour l'Église Orthodoxe orientale (en tout cas, la deuxième version, en 381 EC, est rejetée pour avoir ajouté la clause Filioque "Et du Fils"). Il décrit la préexistence de Jésus-Christ, son rôle dans le jugement futur de l'humanité, comment Jésus est 'homoousios' (d'une seule substance avec Dieu), comment/pourquoi le Saint-Esprit doit être adoré en tant que membre de la sainte famille, il discute l'exigence du baptême, et, de façon intéressante, minimise le ministère terrestre de Jésus-Christ.

Bien qu'il y en ait d'autres, le Credo Athanasien (328 EC) est important car il traite principalement de la Trinité, et repousse les hérésies de l'époque: l'Arianisme, le Docétisme, le Modalisme et le Monophysisme. Il étend le Credo de Nicée et promeut une compréhension plus exclusive du salut et du rejet éternel pour les non-croyants.

Constantin 1er et l'Etablissement du Christianisme Médiéval Primitif

Les disciples de Jésus-Christ devaient voir enfin un répit dans leurs luttes séculaires pour adorer Jésus-Christ comme leur Roi et Seigneur dans la société romaine sous l'Empereur Flavius ​​Valerius Constantinus, aussi connu comme Constantin 1er (vers 280-337 EC). Contrairement à ses prédécesseurs, et peut-être à cause de l'affaiblissement et des ravages qui ont suivi l'abdication de Dioclétien en 305 EC, Constantin vit la valeur (et peut-être la vérité) de la voie chrétienne et, une fois au pouvoir, il prit des mesures pour supprimer toutes les anciennes restrictions légales sur le Christianisme. Plus précisément, dans l'édit de Milan, rédigé en 313 EC, Constantin offrait aux citoyens de l'Empire de nouvelles libertés et protections contre des édits intolérants vieux de plusieurs siècles. Sans aucun doute, les Chrétiens du 4ème siècle de notre ère ressentirent une paix sans précédent lorsqu'ils lirent (ou entendirent) l'édit de Milan:

Lorsque vous verrez que cela a été accordé aux [Chrétiens] par nous, votre Culte saura que nous avons également concédé à d'autres religions le droit d'observer ouvertement et librement leur culte pour la paix de notre temps, que chacun peut avoir la liberté d'adorer comme il l'entend. Ce règlement est fait pour que nous ne donnions pas l'impression de porter atteinte à la dignité d'aucune religion.

Constantine I
Constantin Ier
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Bien que la 'conversion' de Constantin au Christianisme soit controversée (était-ce pour des raisons personnelles ou politiques?), Le futur Empereur parla plus tard d'un rêve qu'il avait eu la nuit d'avant sa bataille cruciale avec Maxence au Pont Milvius (312 EC) dans lequel Dieu lui dit de faire peindre le monogramme chrétien 'Chi-Rho' sur les boucliers de ses soldats pour assurer le succès. Les forces de Maxence étant le double de celles de Constantin, les chances de ce dernier étaient minces, au mieux. Que ce soit par désespoir ou par foi aveugle, il se soumit aux instructions de son rêve (bien que les premiers rapports de la bataille omettent la vision divine lui disant: "In hoc signo vinces", "Par ce signe, tu vaincras"), porta une nouvelle bannière d'allégeance dans la bataille et il gagna.

Sa victoire remportée et avec la noyade de Maxence dans la bataille, Constantin devint le seul Empereur d'un empire indivis en 324 EC. Administrateur compétent et inspirant, il entreprit de réformer le grand Empire Romain qui déclinait depuis des décennies, soutenu par Dieu. Plus encore, il devint un patron du Christianisme et de son église, nommant des Chrétiens à de hautes fonctions politiques et leur donnant les mêmes droits que les autres officiers politiques païens, ouvrant la voie au Christianisme pour diriger la société, sans être entravé ou écrasé par lui.

Au 5ème siècle EC, le Christianisme était devenu la religion d'état de l'Empire romain, menant à un changement radical dans la façon dont la foi se vivait dans la société dans son ensemble. Cela provoqua une dérive de la pratique du culte privé vers le culte public, dérive d'un caractère distinctement juif vers un plus aligné avec les Gentils, de quelque chose d'individuel vers une affaire plus communautaire, d'une foi en recherche vers un corps choisi de croyants, d'une structure souple et informelle vers une en strates distinctes de fonctionnement et d'autorité, enfin dérive de l'habilitation de genre vers des limitations plus genre-spécifiques. De plus, les leaders chrétiens devaient comprendre comment le Christianisme s'intégrait à la loi et au gouvernement romains, traitait les peuples barbares et maintenait toujours l'essence des enseignements et des missions de Jésus pour ses adeptes.

The Gospels
Les évangiles
Kotomi Yamamura (CC BY-NC-SA)

Les deux siècles suivants du Christianisme devaient voir le développement de l'épiscopat et la montée d'une aristocratie religieuse - le clergé et les laïcs, la papauté, le sacerdoce de certains croyants. De plus, quand la richesse était un signe de cupidité et d'exploitation, autrefois approuvée par l'empereur, elle était maintenant vue sous un jour plus favorable. Une juxtaposition encore plus grande a été le passage du pacifisme chrétien au militarisme (également sans doute dû à la syncrétisation du Christianisme dans la société laïque). Théologiquement, on s'éloignait du millénarisme et de la seconde venue du Christ pour une compréhension plus pratique et terrestre du royaume de Dieu. Furent introduits l'application de l'abstinence cléricale et la condamnation de la simonie (commerce des fonctions et des biens religieux), l'ajout du Purgatoire au dogme-clé de l'église médiévale, l'établissement des sacrements, qui démontraient institutionnellement les signes extérieurs de la grâce de Dieu dans la vie de ses adeptes, enfin le monachisme chrétien à travers l'Europe et l'Afrique.

Certains pourraient considérer un tel institutionnalisme comme contraire au mouvement original de Jésus. Cependant, il faut se rappeler que, selon les écritures chrétiennes, Jésus fut confirmé comme étant le Messie prophétisé, il enseigna régulièrement et avec enthousiasme dans le Temple pendant des années, il participa aux nombreuses fêtes et coutumes requises par le Judaïsme, et il devint prêtre officiant devant Dieu au nom des hommes. De plus, Jésus établit ses Douze Disciples pour être des ambassadeurs officiels du Royaume de Dieu, pour agir comme les hérauts de la nouvelle alliance entre Dieu et les hommes. Il leur a également promis qu'au Jugement Dernier, ce serait eux qui jugeraient les tribus d'Israël.

Jésus était assez adroit pour tirer le meilleur parti de toutes les situations, personnelles ou publiques, privées ou institutionnelles, transformant chaque situation en une occasion d'aimer Dieu de tout son cœur, âme et esprit, et aimer son prochain comme soi-même. Il appela également ses croyants à suivre son modèle d'amour en atteignant le monde pour Dieu. Comme l'écrit l'apôtre Paul qui donne l'une des plus anciennes auto-définitions du Christianisme: "Grâce à vous et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ, qui s'est donné pour nos péchés afin qu'il puisse nous sauver de la présente époque mauvaise, selon la volonté de notre Dieu et Père, à lui soit la gloire pour toujours. Amen" (Galates 1:3-5).

Au cours des plus de 20 siècles qui ont suivi le ministère de Jésus, de nombreux Chrétiens ont volontiers et avec sacrifice essayé d'atteindre le monde pour Dieu, de continuer le grand commandement de Jésus-Christ dans leurs propres vies compliquées, changeant les cultures et les orientations imparfaites, parfois pour le meilleur, parfois pour le pire. C'était vrai au 1er siècle EC, et c'est toujours une réalité pour le mouvement chrétien, 2 000 ans plus tard.

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Traducteur

Jerome Couturier
Je suis médecin, spécialisé en Génétique. J'aime l'Histoire et l'Antiquité depuis mon plus jeune âge. J'ai toujours eu un interêt pour la recherche dans divers domaines scientifiques, dont l'archéologie.

Auteur

John S. Knox
Le Dr John S. Knox a enseigné la sociologie, l'histoire et la religion pendant près de 20 ans dans des universités chrétiennes du nord-ouest du Pacifique et de la côte est. Il est l'auteur de 10 livres à ce jour, ainsi que de nombreux articles scientifiques sur la sociologie, l'histoire et la religion.

Citer cette ressource

Style APA

Knox, J. S. (2016, septembre 22). Christianisme [Christianity]. (J. Couturier, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-665/christianisme/

Style Chicago

Knox, John S.. "Christianisme." Traduit par Jerome Couturier. World History Encyclopedia. modifié le septembre 22, 2016. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-665/christianisme/.

Style MLA

Knox, John S.. "Christianisme." Traduit par Jerome Couturier. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 22 sept. 2016. Web. 28 nov. 2021.

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