Tyr

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Priscilia Barbuti
publié le 23 novembre 2021
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Texte original en Anglais : Tyre

Arch of Hadrian, Tyre (by Carole Raddato, CC BY-NC-SA)
Arc d'Hadrien, Tyr
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Tyr (située sur le territoire de l'actuel Liban) est l'une des plus anciennes villes du monde ; vieille de plus de 4 000 ans, elle a été occupée quasiment sans interruption depuis sa fondation. C'était l'une des plus importantes villes de Phénicie, voire la plus influente à certaines époques, et ses citoyens prétendaient qu'elle avait été fondée par le grand dieu Melqart.

La cité était un ancien port et centre économique phénicien, connue dans les mythes comme étant le lieu de naissance d'Europe (qui donna son nom au continent) et de Didon de Carthage (qui secourut et s'éprit d'Énée de Troie). Le nom signifie "rocher" et la ville était divisée en deux parties : le principal centre marchand, situé sur une île, et la "vieille Tyr", à environ 800 mètres en face, sur le continent. La vieille ville, connue sous le nom d'Ushu (nom donné à Melqart dans un premier temps), fut fondée vers 2750 avant notre ère, et le centre marchand émergea peu après. Avec le temps, le site insulaire devint plus prospère et peuplé qu'Ushu et fut doté de puissantes fortifications.

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La prospérité de Tyr attira la convoitise du roi Nabuchodonosor II de Babylone (r. 605/604-562 avant notre ère) qui assiégea la ville durant 13 ans, au VIe siècle avant notre ère, sans en briser les défenses. Au cours de ce siège, la plupart des habitants de la ville située sur le continent abandonnèrent celle-ci pour la relative sécurité de l'île. Ushu devint un faubourg de Tyr et le resta jusqu'à l'arrivée d'Alexandre le Grand.

Tyr atteignit son âge d'or vers le X siècle avant notre ère et, au VIII siècle, la ville avait entrepris de coloniser d'autres territoires de la région.

Les Tyriens étaient réputés pour la fabrication d’une teinture faite partir des coquilles d'un mollusque appelé Murex. Cette teinture pourpre était grandement appréciée et souvent associée la royauté dans le monde antique. Elle est à l'origine du nom que les Grecs donnèrent aux Phéniciens - Phoinikes - qui signifie "Peuple pourpre". La cité-État devint la plus puissante de toute la Phénicie, après avoir surpassé sa sœur, la ville de Sidon.

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Tyr est mentionnée dans le Nouveau Testament de la Bible, où il est dit que Jésus et l'apôtre Paul visitèrent tous deux la ville. Elle demeure célèbre dans l'histoire militaire pour son siège par Alexandre le Grand. Tyr est aujourd'hui classée au patrimoine mondial de l'UNESCO et les efforts se poursuivent pour sauvegarder son histoire malgré les troubles qui secouent la région.

The Phoenician Expansion c. 11th to 6th centuries BCE
L'expansion phénicienne du XIe au VIe siècle avant notre ère.
Simeon Netchev (CC BY-NC-SA)

Origines mythologiques et historiques

Tyr est mentionnée à maintes reprises par les historiens antiques comme ayant été fondée par les dieux. Selon un récit, deux frères divins - Shamenrum et Ushu - qui vivaient sur le continent, finirent un jour par se disputer, peut-être pour des questions de territoire. En effet, Shamenrum, un agriculteur, fabriquait des huttes en roseaux (établissant ainsi des campements permanents), tandis qu'Ushu, puissant chasseur, se déplaçait à sa guise et se confectionnait des vêtements en peaux d'animaux.

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La querelle (dont les détails ne sont pas précisés) ne trouvant pas d'issue, Ushu fabriqua un petit radeau en se servant du tronc d'un arbre frappé par la foudre et quitta le continent pour débarquer sur une île au large de la côte. Il y bâtit un temple et baptisa l'île Tyr, en l'honneur de la sirène Tyros qui l'aurait aidé à naviguer en lui montrant le cap à suivre. Selon le mythe, l'île flottait librement (ce qui explique peut-être pourquoi Ushu dut se faire aider par Tyros pour y accoster) et ne s’immobilisa définitivement que lorsque Ushu y construisit son temple à la gloire des forces divines du feu et du vent, enfonçant ses piliers d'émeraude et d'or si profondément dans la terre qu'ils maintinrent l'île en place.

Une autre version de la genèse de l'île raconte que la déesse Astarté planta un olivier sur une île flottante : les branches de l'arbre abritaient un aigle et un serpent enserrait son pied. L'île devait continuer à flotter jusque ce que l'aigle soit sacrifié aux dieux. Lorsqu Ushu arriva à bord de son radeau, l'aigle offrit sa vie de son plein gré et Ushu édifia son temple pour qu'il serve de demeure aux dieux. L'historien grec Hérodote (vers 484-425/413 avant notre ère) fait état de son voyage à Tyr dans le livre II de ses Histoires (II. 44) où il relate comment les prêtres de Tyr lui apprirent que la ville avait été fondée par Héraclès ( différent du demi-dieu, fils de Zeus, célèbre pour les 12 travaux) qui, à l'époque, était vénéré sous le nom de Melqart et ne formait qu'une seule et même entité avec Ushu :

Je m'adressai aux prêtres du dieu qui se trouvaient là et leur demandai à quand remontait la fondation du sanctuaire. Ils répondirent que le sanctuaire du dieu avait été bâti en même temps que Tyr, voilà 2 300 ans.

Les données archéologiques datent la plus ancienne occupation de Tyr entre 2900 et 2750 avant notre ère, les premières habitations ayant été abandonnées et des habitations permanentes étant apparues à partir de cette dernière date. La cité était déjà florissante à l'époque de la XVIIIe dynastie égyptienne (vers 1550-1292 avant notre ère), alors qu'elle fournissait la famille régnante d'Égypte en vêtements coûteux teints dans la couleur connue sous le nom de pourpre tyrienne, laquelle continuera d'être associée à la royauté sous l'Empire romain et même après. Tyr continua à prospérer sous le règne du roi assyrien Ashurnasirpal II (884-859 avant notre ère), qui la cite parmi les villes qui lui versaient un tribut comprenant de l'argent, de l'or, de l'étain, du bronze ainsi que d'autres métaux et matériaux précieux.

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Assyrians Attacking Tyre
Assyriens attaquant Tyr
Rajni Praveen (CC BY-NC-SA)

L'âge d'or de Tyr

Tyr atteignit son âge d'or vers le Xe siècle avant notre ère et, au VIIIe siècle, la ville avait entrepris de coloniser d'autres territoires de la région et jouissait d’une richesse et d’une prospérité importantes, principalement en raison d’une alliance avec Israël. L'alliance et les accords commerciaux tyriens avec David, roi d'Israël, furent initiés par le roi de Tyr Abibaal, qui envoya au nouveau souverain du bois issu des légendaires cèdres du Liban ( tout comme le fils d'Abibaal, Hiram, semble l'avoir fait pour le fils du roi David, Salomon). Cette alliance donna lieu à une collaboration très lucrative qui profita aux deux parties. Selon l'historien Richard Miles :

Sur le plan commercial, cette entente ne conférait pas seulement à Tyr un accès privilégié aux précieux marchés d'Israël, de la Judée et du nord de la Syrie : elle offrait également des possibilités d'entreprises communes à l'étranger. Ainsi, une expédition tyro-israélite se rendit au Soudan et en Somalie, et gagna peut-être même l'océan Indien. (32)

Une révolution religieuse au sein de la cité contribua également à la prospérité de Tyr. Survenue sous les règnes d'Abibaal et d'Hiram, elle érigea le dieu connu sous le nom de Melqart au-dessus de l'un des couples divins les plus populaires de la religion phénicienne, Baal et Astarte. La suprématie de Melqart (dont le nom signifie " Roi de la Cité ") déposséda les prêtres du panthéon traditionnel de leur pouvoir pour le mettre à la disposition du palais, dans la mesure où Melqart était étroitement associé à la maison souveraine. Richard Miles note:

"Il semble que la volonté de rétablir le contrôle sur les temples soit à l'origine de la décision royale de remplacer les traditionnelles divinités principales de Tyr par un nouveau dieu, Melqart"(32).

Hercules-Melqart
Hercules-Melqart
Dan Diffendale (CC BY-NC-SA)

Comme cela a été dit, Melqart était une divinité bien connue à Tyr, où il avait toujours été vénéré, mais il acquit une nouvelle autorité et sa prééminence se fit plus forte. Les Tyriens n'étaient certes pas monothéistes, mais la consécration de Melqart au sein de la cité fut perçue d'un bon œil par les dirigeants israélites qui vénéraient le dieu unique Yahvé, et favorisa le développement de relations commerciales très profitables. Les Tyriens fournissaient à Israël des métaux précieux pour leur temple et les célèbres vêtements de couleur pourpre destinés à la royauté en échange de marchandises de première nécessité et de produits de luxe. Miles écrit :

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En échange [de métaux précieux et de vêtements], les Israélites fournissaient chaque année des provisions comprenant plus de 400 000 litres de blé et 420 000 litres d'huile d'olive - une aubaine pour Tyr, qui disposait d'un territoire restreint. (32)

Il en résulta non seulement une hausse des richesses du palais, mais aussi, par une distribution plus efficace de ces richesses, une plus grande prospérité pour l'ensemble de la ville. Cette abondance attira l'attention des Babyloniens à la suite de la chute de l'empire assyrien en 612 avant notre ère et le roi Nabuchodonosor II assiégea la ville en 586 av. n. è. Le siège dura treize ans et, si les murs de la cité résistèrent, ses activités commerciales en pâtirent et sa prospérité déclina. Tyr connut un renouveau sous l'Empire achéménide, qui s'empara de la ville en 539 avant notre ère et la conserva jusqu'à l'arrivée d'Alexandre le Grand.

Siege of Tyre
Le siège de Tyr
The Department of History, United States Military Academy (Public Domain)

Alexandre le Grand et le siège de la ville

Si les Perses finirent par placer leurs propres gouverneurs à la tête des villes phéniciennes, ils ne s'immiscèrent pas dans les traditions religieuses ou politiques déjà établies ; ainsi, du moins dans un premier temps, Tyr fut autorisée à conserver son souverain, toujours associé à Melqart. C’était le roi, et non plus les prêtres, qui constituait désormais "le pont entre le monde temporel et le monde céleste, et les besoins des dieux pouvaient étroitement coïncider avec les exigences politiques du palais" (Miles, 33). Cette nouvelle conception religieuse vint renforcer les liens existants entre les habitants de la ville en les distinguant des autres cités-États de Phénicie et en leur conférant, par là même, un statut particulier aux yeux de leur dieu. Miles écrit :

Le roi introduisit même un nouveau cérémonial élaboré pour les festivités annuelles consacrées à Melqart. Chaque printemps, lors d'une fête soigneusement orchestrée appelée egersis, une effigie du dieu était placée sur un radeau géant avant d'être rituellement brûlée tandis qu'elle dérivait vers la mer et que des hymnes étaient chantés par les foules réunies. Pour les Tyriens, comme pour de nombreux autres peuples du Proche-Orient ancien, l'accent était mis sur les propriétés réparatrices du feu : le dieu lui-même n'était pas détruit mais ranimé par la fumée, et la consumation de son effigie symbolisait la renaissance. Pour insister sur l'importance de l'egersis dans la préservation de la cohésion interne du peuple tyrien, tous les étrangers étaient tenus de quitter la ville le temps de la cérémonie (33-34).

Ce fut cette cérémonie, et l'importance qu'elle revêtait pour le peuple, qui entraînèrent la ruine de Tyr et le massacre ou la réduction en esclavage de sa population. En 332 avant notre ère, Alexandre le Grand rallia la ville dans le cadre de sa conquête de l'empire achéménide. Ayant tout juste soumis Sidon, il réclama la reddition immédiate de Tyr. Suivant l'exemple de Sidon, les Tyriens reconnurent la grandeur d'Alexandre et lui offrirent des présents d'une valeur équivalente à ceux qu'il avait reçus de Sidon.

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Passages under the Hippodrome of Tyre
Passages sous l'hippodrome de Tyr
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Les choses semblaient aller pour le mieux et, satisfait de leur soumission, Alexandre déclara qu'il offrirait un sacrifice en l'honneur de leur dieu dans le temple de Melqart. Les Tyriens ne purent le permettre, car un étranger présentant un sacrifice dans ce qui était considéré comme la demeure de leur dieu aurait constitué un sacrilège, d'autant plus que la cérémonie de l'egersis approchait. L'historien Ian Worthington relate ce qui s'ensuivit :

Azemilk, roi de Tyr, proposa un compromis. Tyr s'allierait à Alexandre, mais celui-ci devrait offrir son sacrifice sur le continent, dans la vieille ville de Tyr, à l'opposé de l'île. Furieux, Alexandre dépêcha des émissaires chargés de signifier que la proposition était inacceptable et que les Tyriens étaient tenus de se rendre. Ces derniers assassinèrent les envoyés et les jetèrent du haut de leurs remparts. (105)

30 000 habitants furent massacrés ou vendus comme esclaves, et la ville fut détruite par Alexandre le Grand.

Alexandre ordonna alors le siège de Tyr. Il fit démanteler une grande partie de la vieille ville d'Ushu et, à l'aide de gravats, de rochers et d'arbres abattus, entreprit de construire une digue entre le continent et l'île pour y faire avancer ses machines de guerre. Au cours des siècles qui suivirent, les sédiments s’accumulèrent autour de la structure, jusqu’à créer un lien permanent entre l'île et le continent, raison pour laquelle Tyr est aujourd’hui une péninsule. Au terme d'un siège qui dura sept mois, Alexandre se servit de cette jetée pour abattre les murs de Tyr et prendre la ville.

Les quelque 30 000 habitants de Tyr furent massacrés ou vendus comme esclaves, et la ville fut détruite par Alexandre, dans sa rage d'avoir été si longtemps défié. La chute de Tyr favorisa l'essor de Carthage (établie en tant que colonie phénicienne vers 814 avant J.-C.) dans la mesure où de nombreux rescapés du siège, qui parvinrent à échapper à la colère d'Alexandre en usant de corruption ou de ruse, se réfugièrent dans leur ancienne colonie, au nord de l'Afrique.

Tyre, Lebanon
Tyr, Liban
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

À la mort d'Alexandre en 323 avant notre ère, ses généraux s'affrontèrent pour les territoires conquis, différentes régions passant successivement, parfois de manière très rapide, sous le contrôle des uns et des autres. Le général Laomédon de Mytilène fut le premier obtenir le contrôle de Tyr, mais celle-ci changea de mains tout au long du conflit (connu sous le nom de "guerres des Diadoques", les guerres entre les successeurs d'Alexandre) avant d'être conquise en 315 avant notre ère par Antigone Ier , dont les successeurs la conservèrent jusqu'à la conquête de la Phénicie par Antiochus III souverain de l'Empire séleucide (r. 223-187 av. n. è.), en 198 avant notre ère.

L'arrivée de Rome

Antiochus III se consacrait à l'expansion de ses propres territoires lorsque la deuxième guerre punique éclata entre Rome et Carthage en 218 avant notre ère. Hannibal Barca (né en 247 et mort vers 183 av. n. è.), le célèbre général carthaginois, était aidé et soutenu par Philippe V de Macédoine (r. 221-179 av. n. è.), qui convainquit Antiochus III de se rallier à lui pour conquérir l'Égypte vers 205 avant notre ère. Mais l'Égypte constituait la plus importante source d'approvisionnement en céréales de Rome qui menaça Antiochus III de lourdes conséquences si celui-ci acceptait la proposition de Philippe V. Antiochus III renonça au projet et les Romains vainquirent Philippe V à la bataille de Cynoscéphalie en 197 avant notre ère.

Les Romains s'emparèrent de la ville pour en faire une colonie en 64 avant notre ère, lorsque Pompée le Grand annexa l'ensemble de la Phénicie.

Antiochus III, redoutant que Rome ne l'élimine à son tour, lança une attaque préventive en 191 avant notre ère, puis en 190 lors de la bataille de Magnésie, où il fut vaincu. Le traité d'Apamée conclu en 188 av. n. è. réduisit considérablement ses territoires et contraignit les Séleucides à payer de lourdes réparations, ce qui contribua à la chute de leur empire. Les monarques séleucides commencèrent à accorder davantage d'importance à leur propre sécurité, à leur confort et au luxe qu'à la gestion de l'État, fragilisant l'emprise qu'exerçait ce dernier sur un certain nombre de régions et, en 126 avant notre ère, Tyr put proclamer son indépendance.

La ville connut un nouveau déclin lors des guerre mithridatique (89-63 av. n. è.) entre Mithridate VI (r. 120-63 av. n. è.), roi du Pont, et Rome. Le conflit impliqua également Tigranes le Grand (r. vers 95 - 56 av. n. è.) qui s'allia à Mithridate VI. Si Tyr parvint à conserver son indépendance, les guerres incessantes que connaissait la région entravèrent fortement les activités commerciales, conduisant à un déclin économique.

Seats of the Hippodrome of Tyre, Lebanon
Gradins de l'hippodrome de Tyr, Liban
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Les Romains s'emparèrent de la ville pour en faire une colonie en 64 avant notre ère, lorsque Pompée le Grand, général et consul romain, annexa l'ensemble de la Phénicie. Tyr fut rebâtie et modernisée par les Romains qui, ironiquement, étaient à l’origine de la destruction de la ville de Carthage où s'étaient auparavant réfugiés les Tyriens survivants. Rome fit construire les routes, les monuments et les aqueducs que l'on peut voir encore aujourd'hui. La cité prospéra sous la domination romaine mais déclina après la chute de l'Empire. Jusqu'au VIIe siècle de notre ère, elle demeura une ville portuaire sous l'Empire byzantin, branche orientale de l'Empire romain, avant que les musulmans ne s'en emparèrent en conquérant la région.

Conclusion

La ville fut placée sous le contrôle des croisés chrétiens en 1124, à la suite de la première croisade, et devint un important centre marchand reliant l'Occident à l'Orient via la route de la soie. Durant cette période, Tyr continua à produire sa célèbre teinture pourpre. Elle prospéra en tant que siège d'un archevêché de l'Église et comme l'une des plus importantes protections du Royaume de Jérusalem, en permettant le maintien d'une présence chrétienne dans cette région.

Tyr tomba aux mains du sultanat mamelouk en 1291 et, par la suite, la production de la pourpre et de vêtements teints périclita avec le développement et la diffusion de teintures moins coûteuses. En 1516, la ville passa sous le contrôle de l'Empire ottoman qui la conserva jusqu'en 1918, date à laquelle, après le succès de la révolte arabe, elle fut rattachée au Royaume arabe de Syrie. À cette époque, les Tyriens dépendaient majoritairement de l'industrie de la pêche - qui avait toujours représenté une part importante de leur économie - et bien moins des productions artisanales qui faisaient autrefois la renommée de Tyr.

De nos jours, l'économie de Tyr repose essentiellement sur le tourisme. Des fouilles archéologiques ne commencèrent véritablement à y être menées qu'en 1946 et se sont depuis lors poursuivies, de façon sporadique. Les conflits persistants dans la région depuis la fin du 20e siècle jusqu'à aujourd'hui ont entravé les travaux de recherche et, parfois, paralysé le tourisme, affaiblissant l'économie et freinant ainsi l'exploration de l'une des plus grandes cités de l'Antiquité.

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Traducteur

Priscilia Barbuti
Passionnée d'art, d'histoire et de science depuis toujours, j'ai fait le choix d'étudier l'archéologie avant de m'orienter vers le domaine des technologies 3D et considère comme essentielle la diffusion des savoirs auprès du plus grand nombre.

Auteur

Joshua J. Mark
Écrivain indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2021, novembre 23). Tyr [Tyre]. (P. Barbuti, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-503/tyr/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Tyr." Traduit par Priscilia Barbuti. World History Encyclopedia. modifié le novembre 23, 2021. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-503/tyr/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Tyr." Traduit par Priscilia Barbuti. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 23 nov. 2021. Web. 26 janv. 2022.

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