Marguerite de Navarre

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 03 mai 2022
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Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol
Portrait of Marguerite de Navarre (by Jean Clouet, Public Domain)
Portrait de Marguerite de Navarre
Jean Clouet (Public Domain)

Marguerite de Navarre (1492-1549) était une écrivaine, philosophe, diplomate et reine de Navarre, sœur du roi François Ier (r. de 1515 à 1547), mère de Jeanne d'Albret (1528-1572) et grand-mère d'Henri IV (1553-1610). Elle défendit également les adeptes de la Réforme, faisant office de médiatrice entre les protestants et les catholiques en France.

Également connue sous le nom de Marguerite de Valois-Angoulême, elle est surtout connue aujourd'hui pour son Heptaméron (1558), publié à titre posthume et inachevé à sa mort, mais considéré comme l'un des ouvrages les plus importants de la Renaissance. Elle correspondit avec certains des plus grands réformateurs de son temps, notamment Martin Luther (1483-1546), Philippe Melanchthon (1497-1560), Jean Calvin (1509-1564), Guillaume Farel (William Farel, 1489-1565) et Marie Dentière (c. 1495-1561). Marguerite et Dentière étaient amies et elle était également proche d'Anne Boleyn (c. 1501-1536) et patronnait le travail de Léonard de Vinci (1452-1519) qui passa ses dernières années au château qu'elle et François Ier lui offrirent.

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Bien qu'elle n'ait jamais renoncé officiellement au catholicisme, elle soutint la Réforme protestante en France, protégea les prédicateurs et les écrivains protestants contre les persécutions et fit avancer la cause de la réforme en finançant la traduction en français des œuvres de Luther et de Calvin, ainsi que d'autres commentaires sur les textes sacrés ainsi que les textes sacrés eux-mêmes. Elle soutint et protégea le réformateur Jacques Lefèvre d'Étaples (c. 1455-c.1536), le premier théologien à avoir traduit le Nouveau Testament en français, et usa de son influence auprès de son frère pour empêcher son arrestation et la destruction de son œuvre.

Elle se fit l'avocate des pauvres et des mères célibataires, créant des hôpitaux, des aumôneries et des orphelinats, tout en s'occupant de ses responsabilités à la cour et en écrivant presque constamment. Ses lettres, ses poèmes (en particulier son Miroir de l'âme pécheresse), ses pièces de théâtre et son Heptaméron continuent d'être largement lus de nos jours et on se souvient d'elle comme d'une grande femme de la Renaissance qui incarna pleinement les meilleurs aspects de son époque.

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Royal Lodge, Chateau d'Amboise
Loge royale, Château d'Amboise
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Éducation et premier mariage

Marguerite naquit le 11 avril 1492 de Charles, comte d'Angoulême (1459-1496), un descendant de Charles V de France (r. de 1364 à 1380), et de la noble Louise de Savoie (1476-1531). Ses parents étaient tous deux instruits, appréciaient les livres et possédaient une grande bibliothèque. Bien que l'éducation des filles ait été considérée comme une perte de temps inutile, Marguerite fut éduquée par des érudits dès son plus jeune âge, même après la naissance de leur deuxième enfant, François, en 1494, car on pensait que la sœur d'un futur roi devait être capable de converser sur de nombreux sujets différents. L'expert Marcel Tetel commente :

Marguerite d'Angoulême n'aurait pas pu venir d'un milieu plus privilégié. Aucun des deux derniers rois de France, Charles VIII (mort en 1498) et Louis XII (mort en 1515), n'ayant laissé d'héritier mâle, la branche d'Angoulême des Valois devait hériter du trône. Marguerite et son frère, le futur François Ier, passèrent leur enfance d'abord à Cognac, à Angoulême, puis dans la vallée de la Loire, dans les châteaux de Blois et d'Amboise. C'est dans ce cadre qu'elle apprit le latin, l'italien et l'espagnol [et, plus tard, l'allemand et l'hébreu], étudia la philosophie classique et les Écritures. (Wilson, 99)

Son père fut frappé par une grave maladie à la fin de l'hiver 1495 et mourut en janvier 1496, laissant sa mère veuve à l'âge de 19 ans. Louise installa sa famille à la cour de Louis XII (r. de 1498 à 1515), le cousin de son mari, et fit tout son possible pour mettre de l'avant ses deux enfants en supervisant leur éducation et en insinuant François dans les bonnes grâces du roi. Comme elle l'avait fait auparavant, Louise invita les meilleurs érudits à donner des cours à ses enfants et Marguerite grandit en lisant la Bible, Platon, Cicéron, Virgile et, plus tard, Dante, Pétrarque et Boccace. Elle fut particulièrement influencée par Plotin comme complément philosophique du christianisme.

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Louis XII arrangea les mariages des deux enfants - François à sa fille Claude de France (1499-1524) en 1514 et Marguerite à Charles IV, duc d'Alençon (1489-1525) en 1509. Le roi Henri VII d'Angleterre (r. de 1485 à 1509) avait demandé à Louis XII de prendre Marguerite comme épouse pour son second fils (le futur Henri VIII d'Angleterre, r. de 1509 à 1547) mais Louis XII voulait avoir accès aux terres de Charles IV et refusa (évitant ainsi involontairement à Marguerite de devenir la première épouse d'Henri VIII). Le mariage ne fut dependant pas heureux et on dit que Marguerite pleura pendant toute la cérémonie. Charles IV était inculte, ne s'intéressait pas aux livres et s'occupait principalement de chasse. Marguerite fit importer des livres dans sa nouvelle demeure, le château d'Alençon, et invita régulièrement des musiciens, des poètes et des savants à dîner.

Marguerite de Navarre
Marguerite de Navarre
François Clouet (Public Domain)

Cependant, Marguerite ne se contentait pas de converser sur des concepts religieux et philosophiques, elle s'efforçait de les mettre en pratique. Elle encouragea ses consœurs nobles à contribuer à la construction d'hôpitaux, d'orphelinats et d'aumôneries à Alençon et rédigea un règlement pour les institutions imposant des repas réguliers d'aliments sains, une hygiène quotidienne et le respect des personnes - surtout des femmes - qui y trouvaient refuge. Les femmes célibataires enceintes étaient hébergées, nourries et suivies avant et après l'accouchement et tout acte de molestation ou de viol était sévèrement puni.

Marguerite encouragea les œuvres des écrivains évangéliques et commença à écrire de la poésie religieuse et des pièces contemplatives.

François Ier devint roi en 1515 et Marguerite lui demanda d'établir à Paris un hôpital pour les orphelins afin de les séparer de la population adulte qui s'en prenait souvent à eux dans les aumôneries parisiennes. Comme à Alençon, elle envoya des représentants à Paris pour s'assurer que ses règlements étaient appliqués et respectés et qu'il n'y avait pas de cas d'abus.

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En 1521, le message de réforme de Martin Luther circulait en France et Marguerite chercha des conseils spirituels auprès de Jacques Lefèvre d'Étaples, un théologien très respecté et favorable à la réforme. Il l'envoya chez Guillaume Briconnet, évêque de Meaux, également engagé dans la réforme de l'Église depuis son sein, qui devint son mentor spirituel pour les trois années suivantes. Pendant cette période, elle encouragea les œuvres des écrivains évangéliques et commença à écrire de la poésie religieuse et des pièces contemplatives.

Morts et rançons

En 1524, l'épouse de François Ier, Claude, mourut, et Marguerite prit en charge ses enfants, dont Madeleine de Valois (1520-1537) et Marguerite de Valois (1523-1574). En août, les six enfants furent frappés par la rougeole et l'aînée, la princesse Charlotte, qui était sa préférée, mourut. La mort de Claude, suivie de celle de Charlotte, inspira à Marguerite son Dialogue en forme de vision nocturne dans lequel l'esprit de Charlotte vient réconforter Marguerite dans son chagrin, lui rappelant la promesse du ciel et lui reprochant de pleurer alors que la mort n'est qu'un passage du monde mortel à la vie éternelle. Marguerite, en tant que narratrice, rejette cette vision car la douleur de la perte est trop grande pour être supportée, elle a l'impression d'être morte elle-même, et demande à être conduite là où se trouve Charlotte. Charlotte répond qu'elle doit attendre que Dieu la rappelle à la maison en son temps, puis elle monte dans la lumière, laissant la narratrice seule mais réconfortée dans l'espoir de la miséricorde de Dieu. Bien que le poème souligne l'importance de la foi, il s'agit d'une expression profondément personnelle de la douleur du deuil, qui résonne encore de nos jours.

Portrait of Henry II of Navarre
Portrait d'Henri II de Navarre
Unknown Artist (Public Domain)

La même année, François Ier quitta Paris pour faire la guerre en Italie contre Charles Quint du Saint Empire romain germanique dans le cadre des guerres d'Italie (1494-1559), accompagné de ses nobles, dont le mari de Marguerite et Henri d'Albret (le futur Henri II de Navarre, 1503-1555). François Ier fut vaincu à la bataille de Pavie le 24 février 1525 et fut fait prisonnier avec quelques autres, dont Henri d'Albret, tandis que Charles IV s'échappa et rentra en France. Marguerite s'occupa des blessures de son mari et de la maladie avec laquelle il était revenu, même si sa mère et d'autres nobles la réprimandèrent car Charles IV fut considéré comme responsable de la capture de François Ier, jusqu'à sa mort en avril, le jour de son 33e anniversaire.

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Marguerite prit alors la responsabilité de négocier la libération de son frère et des autres captifs retenus en Espagne contre rançon. Elle se rendit à Madrid en octobre 1525 pour rencontrer Charles Quint avec la promesse d'un sauf-conduit, mais les négociations traînèrent en longueur et François Ier, craignant que Charles Quint ne la retienne délibérément jusqu'à l'expiration de son sauf-conduit et qu'elle puisse également être retenue en otage, lui demanda de partir. De retour en France, elle poursuivit les négociations qui aboutirent finalement au traité de Madrid en janvier 1526 et à la libération des captifs, bien que ses neveux François et Henri aient dû être échangés comme otages pour leur père.

La reine de Navarre et la Réforme

Pendant que François Ier était détenu en Espagne, le clergé catholique de France avait pris des mesures contre les théologiens évangéliques, dont Jacque Lefèvre d'Étaples, dont les œuvres furent supprimées. Une fois François Ier revenu, il arrêta ces persécutions à la demande de Marguerite, même s'il n'était pas favorable à la cause, et permit à d'Étaples de poursuivre son travail. François Ier encouragea ou arrangea alors le mariage de sa sœur avec Henri II de Navarre. Henri II s'était échappé d'Espagne avant la fin des négociations et aida peut-être Marguerite dans les dernières étapes des pourparlers. Ils se marièrent en décembre 1526 et Marguerite devint reine de Navarre.

En Navarre, elle poursuivit le même chemin qu'à Alençon en aidant les pauvres tout en protégeant les prêtres, écrivains et militants évangéliques. Sa fille, Jeanne d'Albret, naquit en 1528 et, en 1529, Marguerite servit d'otage lors des négociations pour libérer ses neveux de Charles Quint. Son fils, Jean, naquit en 1530 mais ne survécut pas à l'année, et sa mère mourut en 1531. Marguerite se tourna vers la poésie pour exprimer son chagrin et son sentiment de séparation d'avec Dieu, écrivant l'une de ses œuvres les plus connues, le Miroir de l'âme pécheresse (1531), un monologue adressé au Christ dans lequel la narratrice raconte son propre état de misère et de péché pour que les lecteurs puissent réfléchir sur le leur.

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Coat of Arms of Marguerite de Navarre
Armoiries de Marguerite de Navarre
Heralder (CC BY-SA)

Après la mort de sa mère, Marguerite passa plus de temps à Paris, à la cour de son frère où elle continua à soutenir les enseignements et les publications évangéliques et à tenter de réconcilier les catholiques et les protestants évangéliques. Elle publia le Miroir de l'âme pécheresse dans une édition comprenant des traductions de Psaumes par un écrivain réformiste, ce qui entraîna la condamnation de son poème et de l'ensemble du volume. François Ier fit lever la condamnation et protégea sa sœur et les collaborateurs, mais la faculté de théologie de la Sorbonne parvint à faire condamner l'imprimeur pour diffusion d'ouvrages hérétiques; il fut ensuite pendu.

François Ier continua à protéger Marguerite et ceux qu'elle défendait jusqu'à l'événement connu sous le nom d'affaire des Placards en octobre 1534, lorsque, entre le 17 et le 18, des placards dénonçant la messe catholique et défendant les vues du réformateur Huldrych Zwingli (1484-1531) furent affichés publiquement à Blois, Orléans, Paris, Rouen et Tours - l'un d'eux apparaissant sur la porte de la chambre à coucher du château de François Ier. Les spécialistes des temps modernes continuent de débattre pour savoir s'il s'agit de l'œuvre du réformateur Antoine Marcourt (comme le veut la tradition) ou de celle des autorités catholiques qui, lassées de la politique clémente de François Ier à l'égard des évangéliques, piégèrent Marcourt et d'autres. Quel que soit le responsable, François Ier réagit en refusant de protéger plus longtemps les associés de Marguerite et en lançant la persécution des protestants dans toute la France.

L'Heptaméron est un recueil de 72 contes imbriqués les uns dans les autres racontés par cinq femmes et cinq hommes échoués dans une abbaye.

Jean Calvin fuit la France à cette époque, avec de nombreuses autres personnes, et fit halte au château de Marguerite en Navarre avant de se rendre à Genève en 1536. L'impression, sous quelque forme que ce soit, était restreinte par le roi qui décréta quel type d'ouvrage serait désormais autorisé. Toute personne soupçonnée de participer à l'affaire des Placards ou de soutenir les personnes impliquées fut arrêtée et de nombreux protestants furent brûlés sur le bûcher. La Navarre devient un havre de paix pour les protestants car Henri II soutint la politique de tolérance religieuse et d'échange d'idées de sa femme, mais celle-ci n'exerça plus sur son frère l'influence qu'elle avait eu auparavant.

Influence et Heptaméron

À un certain moment, entre 1531 et 1536, Marguerite avait envoyé un exemplaire du Miroir de l'âme pécheresse à son amie Anne Boleyn en Angleterre. Anne avait été dame d'honneur à la cour de la reine Claude et avait entretenu une correspondance avec Marguerite après la mort de la reine. On pense que Marguerite influença la réforme en Angleterre à travers cette correspondance, car Anne elle-même était favorable à la réforme et sa fille Élisabeth (la future Élisabeth Ire d'Angleterre, r. de 1558 à 1603), traduisit le poème en anglais en 1544, le présentant à un public international.

Marguerite inspira également l'une des œuvres les plus connues de la Réforme lorsqu'elle écrivit à son amie Marie Dentière en 1539 pour lui demander pourquoi Calvin et Farel avaient été expulsés de Genève. La réponse de Dentière fut sa lettre ouverte à Marguerite, connue sous le nom d'Épître très utile de Marie Dentière, qui plaidait pour un plus grand rôle des femmes dans la Réforme, les droits des femmes en général et le bannissement du clergé catholique de France.

Il est également possible qu'elle ait exercé une influence indirecte sur la jeune érudite réformiste Olympia Fulvia Morata (1526-1555) de Ferrare, en Italie, qui était une compagne de cour d'Anna d'Este (1531-1607), fille de Renée de France (1510-1574). Marguerite correspondit avec Renée, comme elle le fit avec beaucoup d'autres personnes, et Renée devint célèbre en tant que partisane de la réforme religieuse. Morata deviendrait l'une des plus grandes érudites classiques de son temps et on se souvient également d'elle comme d'une avocate passionnée de la Réforme.

Marguerite fut également la protectrice de François Rabelais (1483-1553), le protégeant et encourageant la publication de Gargantua et Pantagruel, ainsi que de son ami proche et poète Clément Marot (1496-1544) et du poète Pierre de Ronsard (1524-1585), parmi beaucoup d'autres, y compris Léonard de Vinci dont les dernières œuvres sont toutes dues à son patronage. Elle est cependant surtout connue pour son Heptaméron, son œuvre la plus ambitieuse, qui resta inachevée à sa mort.

L'Heptaméron est un recueil de 72 contes liés thématiquement et imbriqués les uns dans les autres, racontés par cinq femmes et cinq hommes bloqués dans une abbaye. Une inondation avait emporté le seul pont à proximité et il faudrait dix jours pour le reconstruire. En attendant, ils acceptèrent de passer le temps à se raconter des histoires d'amour et de défis des relations amoureuses. Marguerite envisageait l'œuvre comme un Décaméron français, et elle fit directement référence à Giovanni Boccaccio dans son prologue qui précise également que l'œuvre comprendrait 100 contes. Au moment de sa mort, seuls 72 avaient été achevés ou étaient supposés l'avoir été ; les chercheurs continuent de travailler à partir des divers manuscrits et versions publiés entre 1558 et le XIXe siècle pour établir une version de l'œuvre qui fasse autorité, car il semble évident que Marguerite en écrivit davantage que ce qui figure dans les premières publications posthumes.

Conclusion

L'Heptaméron, bien qu'il s'agisse d'une lecture populaire dès sa première parution, fut critiqué comme étant vulgaire par certains et condamné pour sa description du clergé catholique comme violeur et prédateur. En fin de compte, cependant, il s'agit d'une œuvre religieuse qui encourage la croyance dans le concept néo-platonicien (inspiré de Plotin) d'une réalité plus grande et plus durable au-dessus du monde de la perception et de l'expérience des sens. Cette vision est entrelacée avec le concept chrétien du paradis et de l'amour de Dieu qui, contrairement aux amants humains, reste éternellement fidèle. Tetel commente le thème et le message de l'œuvre :

En fin de compte, une foi forte et authentique offre le seul réconfort possible après avoir fait l'expérience des aléas et des pièges des relations homme/femme. Dans l'idéal, il faudrait rechercher la bonté chez l'autre et lui donner la sienne - c'est ce qu'on appelle l'amour parfait - mais, dans la pratique, la chair et les sens dominent, étant donné la faiblesse inhérente à l'être humain et son état déchu. Pourtant, les relations homme/femme sont nécessaires, voire bienvenues, car elles font prendre conscience de la nature éphémère de ces relations et de la vie, et ouvrent ensuite la voie à un confort spirituel plus élevé. (Wilson, 102)

Les autres œuvres de Marguerite traitent de ce thème précis, ou de thèmes similaires, en maintenant l'existence d'un sens et d'un amour durables dans un monde de changement et de mort constants. Elle perdit son ami Marot en 1544, mit fin à sa correspondance avec Calvin en 1545 à cause des critiques sévères qu'il lui adressa et, la même année, perdit son neveu préféré, Charles. Son frère mourut en 1547 et, comme elle l'avait fait par le passé, elle se tourna vers la poésie pour exprimer son chagrin et sa foi en une vie après la mort et en un Dieu aimant qui rendrait ce qui a été perdu lorsque tous seront réunis au paradis.

Elle mourut d'une pleurésie en décembre 1549 et, contrairement à beaucoup de ses contemporaines, ses œuvres furent conservées intactes et furent publiées pour la première fois moins de dix ans plus tard. Ces œuvres, notamment l'Heptaméron, ont trouvé un public plus large au XIXe siècle et la réputation de Marguerite en tant que grande femme de la Renaissance ne fit que croître depuis lors. Aujourd'hui, elle est reconnue comme l'une des figures les plus importantes de son époque, tant pour ses réalisations littéraires que pour ses contributions à la réforme sociale et à la liberté d'expression religieuse.

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Questions et réponses

Qui était Marguerite de Navarre ?

Marguerite de Navarre était une écrivaine, philosophe, diplomate et réformatrice religieuse française de la Renaissance. Elle est surtout connue pour son Heptaméron, un recueil de 72 nouvelles liées entre elles par leurs thèmes.

Qu'a fait Marguerite de Navarre ?

Marguerite de Navarre négocia la libération de son frère le roi François Ier, aida à négocier des traités, servit de médiatrice entre les catholiques et les protestants en France, écrivit des poèmes, des pièces de théâtre, des dialogues et des commentaires religieux, et fut la protectrice de Léonard de Vinci, entre autres réalisations.

Marguerite de Navarre était-elle catholique ?

Marguerite de Navarre resta catholique pratiquante toute sa vie, bien qu'elle ait sympathisé avec la Réforme en France et l'ait encouragée.

Pour quoi Marguerite de Navarre est-elle célèbre ?

Marguerite de Navarre est surtout connue pour son Heptaméron, un recueil de nouvelles liées entre elles par leurs thèmes.

Quel rôle Marguerite de Navarre a-t-elle joué dans la Réforme protestante ?

Marguerite de Navarre protégea et encouragea les prédicateurs et écrivains protestants en France, préserva leurs œuvres et en encouragea d'autres ailleurs par le biais de la correspondance.

L'Heptaméron de Marguerite de Navarre est-il terminé ?

L'Heptaméron de Marguerite de Navarre était inachevé à sa mort en 1549. Elle voulait écrire 100 histoires mais n'en termina que 72.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2022, mai 03). Marguerite de Navarre [Marguerite de Navarre]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20765/marguerite-de-navarre/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Marguerite de Navarre." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mai 03, 2022. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20765/marguerite-de-navarre/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Marguerite de Navarre." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 03 mai 2022. Web. 28 sept. 2022.

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