Monnaie celtique

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Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Caroline Martin
publié le 04 mars 2021
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Texte original en Anglais : Celtic Coinage

Celtic Coin Depicting Horse & Rider (by British Museum, Copyright)
Pièce celtique représentant un cheval et un cavalier
British Museum (Copyright)

Les pièces de monnaie des anciens Celtes, frappées du début du 3e siècle av. JC au 1er siècle ap. JC, ont d'abord imité les pièces grecques, puis romaines. Les graveurs celtes ont ensuite rapidement développé leur propre style, créant des pièces distinctives avec des représentations de chevaux stylisés, des formes abstraites et des portraits de chefs celtes. Ne faisant pas partie d'une entité politique et économique plus large comme l'Empire romain, les pièces celtiques d'or, d'argent et de bronze étaient rarement utilisées pour le commerce interrégional, mais elles servaient plutôt à acheter et à échanger des biens localement et à diffuser des images des souverains, des tribus et de l'ancienne religion celtique. Enfin, les pièces étaient souvent enterrées en grandes quantités dans le cadre de rituels votifs.

La fonction des monnaies celtiques

Un très grand nombre de pièces de monnaie celtiques ont été retrouvées dans des sépultures et dans le cadre de trésors rituels dans toute l'Europe. Certains trésors contenaient jusqu'à 10 000 pièces. Les pièces celtiques étaient utilisées pour diverses raisons. Comme on peut s'y attendre, elles étaient utilisées comme monnaie pour acquérir des biens localement, mais elles étaient surtout utilisées pour remplacer plus facilement d'autres biens de grande valeur qui avaient été utilisés auparavant dans un système de troc. Les pièces étaient également offertes comme cadeaux diplomatiques et elles étaient peut-être données en tribut aux souverains voisins plus puissants.

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Les pièces étaient également frappées pour des raisons de prestige : pour démontrer la richesse et la sophistication d'un chef particulier et pour répandre son image parmi le peuple qu'il gouvernait. Les pièces de monnaie étaient parfois distribuées par les chefs à leur peuple lors d'occasions spéciales afin de démontrer leur succès et leur générosité. C'est peut-être pour cette raison que la frappe des pièces celtiques était si sporadique : ce n'est que lorsqu'un souverain avait besoin d'une légitimité supplémentaire pour son règne que de nouvelles pièces étaient frappées.

Celtic Coin with Abstract Horse
Pièce celtique avec un cheval abstrait
British Museum (Copyright)

Bien que les pièces de monnaie aient fourni aux artistes un nouveau moyen de montrer leur savoir-faire, une conséquence inattendue de leur introduction sur l'art celtique ancien au sens large est ici résumée par les historiens J. Farley et F. Hunter :

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La diffusion de la monnaie a coïncidé avec un déclin rapide de la production d'objets uniques et ornementés : les boucliers, les armes et les torques qui étaient à la fois des symboles de statut et de pouvoir, et les tableaux de l'art celtique antérieur. En tant que petits objets produits en série, les pièces de monnaie sont sans aucun doute moins impressionnantes que les imposants ouvrages en métal qui les avaient précédées, mais elles offraient un nouveau type d'impact. Leur fabrication rapide et leur portabilité permettaient de transmettre à un public plus large que jamais des images puissantes, des messages politiques et un stock d'art celtique nouvellement transformé.

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Les pièces celtiques étaient rarement utilisées dans le commerce interrégional car, contrairement à ce qui se passait dans l'Empire romain, l'Europe celtique était composée de nombreux groupes tribaux différents et la monnaie de l'un n'avait aucune valeur dans un autre, excepté en ce qui concerne le poids du métal précieux. C'est pour cette raison que l'on trouve des petites balances partout dans les archives archéologiques, nécessaires pour évaluer la valeur réelle des pièces utilisées dans le commerce. La nécessité pour une pièce de monnaie d'avoir une valeur réelle plutôt qu'une valeur nominale avait pour conséquence que si un chef était tenté d'avilir le métal de sa monnaie (et certains l'ont fait), il se rendait compte qu'elle était peu utile en dehors de son territoire.

Essendon Celtic Coin Hoard
Trésor de Pièces Celtiques d'Essendon
The British Museum (CC BY-NC-SA)

Enfin, les pièces de monnaie étaient fréquemment enterrées en tas. Toutefois, il ne s'agissait pas toujours d'une simple stratégie de « protection financière », mais probablement d'une sorte de rituel spécifique et d'une offrande votive aux divinités celtiques. Ces dépôts ont été complétés sur une période de plusieurs années, parfois plusieurs décennies, et ils ont souvent été divisés en plusieurs tas dans le même voisinage. Le site de Hallaton en Angleterre, par exemple, a été fouillé par des archéologues, qui ont découvert plus de 5 000 pièces enterrées à 16 endroits différents. À proximité se trouvaient des restes de sacrifices rituels d'animaux, ce qui témoigne de la signification religieuse de l'enfouissement de ces pièces.

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Matériaux et fabrication

Les monnayeurs celtes se sont d'abord inspirés des pièces d'or et d'argent du monde grec, en particulier des pièces frappées sous les règnes de Philippe II de Macédoine (règne 359-336 av. JC) et d'Alexandre le Grand (règne 336-323 av. JC). Ces pièces ont été rapportées en Europe centrale et occidentale par les guerriers celtes qui avaient servi comme mercenaires dans les armées hellénistiques et par les Celtes en contact avec les colonies grecques du sud de la France. L'idée est devenue populaire au début du 3e siècle av. JC et, dès le 2e siècle av. JC, de nombreuses régions de l'Europe celtique frappaient leurs propres pièces. Les pièces celtiques étaient initialement lourdes et fabriquées en bronze, en or pur ou en argent, mais les exemples ultérieurs utilisaient des alliages composés de cuivre, d'or et d'argent. Les Gaulois Parisii, qui vivaient le long de la Seine, sont une exception intéressante, ils ont utilisé de l'or pur dans toutes leurs émissions de monnaie. Les Cenomani, dans le nord-est de l'Italie, utilisaient quant à eux des alliages bon marché plaqués d'or.

Celtic Coin Showing Hercules
Pièce de monnaie celtique représentant Hercule
The British Museum (CC BY-NC-SA)

Il y avait une nette préférence pour les matériaux en fonction de la géographie, comme le résume ici l'historien B. Cunliffe :

L'argent était le matériau préféré dans le Moyen et le Bas-Danube, les Balkans, le nord de l'Italie et le sud de la France, tandis que l'or était préféré au nord, dans une zone s'étendant de la Bohême au sud de la Grande-Bretagne.

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Les monnaies celtiques étaient rarement produites à grande échelle, donc décrire leur lieu de fabrication comme un atelier monétaire est peut-être un terme trop grand. Néanmoins, il est probable que les lieux de fabrication des pièces se trouvaient le plus souvent dans les forteresses bien protégées, appelées oppida, qui se sont développées dans toute l'Europe celtique à partir du 2e siècle av. JC. Les fouilles menées dans des forteresses ont révélé l'existence d'ateliers de métallurgistes et d'artisans, mais aussi des accessoires associés à la fabrication des pièces.

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Le métal destiné à la frappe de la monnaie était d'abord coulé en disques dans des moules préparés en argile brûlée. Dans ces moules, 50 disques appelés des flans, ou plus, pouvaient être produits en une seule fois. Ainsi, chaque pièce était composée d'un poids de métal très similaire. Chaque cercle de métal était ensuite estampé d'un motif à l'aide d'une matrice gravée, une pour chaque face de la pièce. Le monnayeur plaçait le flan sur la matrice inférieure, qui était fixée dans un étau, puis il tenait la deuxième matrice dans sa main et la martelait sur le flan, créant ainsi le motif sur les deux faces de la pièce en même temps.

Celtic Coin Die & Gold Coin
Matrice de pièce celtique et pièce d'or
The British Museum (CC BY-NC-SA)

Un bel exemple de matrice cylindrique, fabriquée dans un alliage de cuivre, a été retrouvé à Bredgar dans le Kent, en Angleterre. Datant du milieu du 2e siècle av. JC et découvert dans un champ par un chercheur amateur à l'aide d'un détecteur de métaux, il était utilisé pour estamper des motifs représentant un cheval stylisé. Cette matrice se trouve aujourd'hui au British Museum de Londres. Son dessin est similaire à celui des pièces celtiques frappées dans ce qui est aujourd'hui la Belgique et le nord de la France, que les numismates appellent de manière peu romantique des pièces de type « Gallo-Belge A ». La matrice de Bredgar illustre donc le monde interconnecté des Celtes.

AU 1ER SIÈCLE AV. JC, LE CHEVAL CONTINUE D'ÊTRE POPULAIRE, MAIS LES PIÈCES PRÉSENTENT ÉGALEMENT UN NOMBRE CROISSANT DE FORMES ABSTRAITES DONT LA SIGNIFICATION PRÉCISE NOUS ÉCHAPPE AUJOURD'HUI.

Motifs

Les pièces de monnaie grecques ont d'abord été copiées, souvent sans comprendre la signification des motifs imités, comme la métamorphose de chevaux et d'un char en centaure. Les dessinateurs ont même copié et adapté les visages des souverains hellénistiques ou des dieux comme Apollon. Parfois, de petits ajouts celtiques étaient apportés au dessin, comme sur une pièce de Criciova (Roumanie) qui représente la tête de Zeus, mais avec ce qui semble être un tatouage sur la joue. Les monnaies romaines ont ensuite inspiré les monnayeurs celtes à ajouter des inscriptions sur leurs pièces. Le plus souvent, les légendes sont des noms abrégés de chefs. Certaines pièces de monnaie de Grande-Bretagne portaient le nom abrégé de capitales régionales et, plus rarement encore, le nom de la tribu qui les utilisait. Un exemple de ce dernier type d'inscription est l'ECEN figurant sur les pièces de la tribu des Icènes.

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De nombreuses pièces celtiques, comme d'autres formes d'art celtique, montrent des animaux tels que des sangliers, des aigles, des taureaux, des loups, des corbeaux, des serpents et des bêtes imaginaires. Les figures comportent également des objets celtiques familiers tels que des torques, des chaudrons et des cornes de guerre. Parmi les motifs favoris, on trouve les symboles solaires qui ressemblent à des roues à rayons et des chevaux, parfois accompagnés d'une cavalière. Des exemples en argent et en or de ces types de dessins ont été trouvés dans toute l'Europe. Le cheval est remarquablement similaire d'une région à l'autre : très stylisé et doté de genoux arrondis caractéristiques. Les chevaux ont parfois une triple queue, une tête humaine ou un oiseau volant au-dessus d'eux, ou ils peuvent être de plus en plus abstraits, les artistes celtes prenant leurs distances par rapport aux originaux grecs. Même lorsque les sujets sont clairement d'inspiration grecque, comme une figure d'Hercule avec sa massue familière et sa peau de lion, les motifs peuvent être singulièrement celtiques. Un bel exemple provenant des Balkans, aujourd'hui conservé au British Museum, montre un tel Hercule sous la forme d'un bâton et ses possessions sous la forme d'une série de points. Au 1er siècle av. JC, le cheval continue d'être populaire, mais les pièces présentent également un nombre croissant de formes abstraites dont la signification précise nous échappe aujoud’hui. Les pièces de monnaie des Taurisques en Slovénie au Ier siècle av. JC, par exemple, montrent des masques, des points et des formes tourbillonnantes, mais la relation entre ces symboles n'est pas connue.

Celtic Regenbogenschüsselchen
Pièce de monnaie celtique « Regenbogenschüsselchen »
Numismantica (CC BY-SA)

Comme dans de nombreuses autres cultures, les pièces de monnaie étaient une forme pratique de propagande politique et contribuaient à diffuser l'image, le pouvoir et le prestige des chefs celtes en portant leurs portraits. En France, on a retrouvé 27 pièces d'or datant de 52 av. JC représentant un jeune Vercingétorix (82-46 av. JC), le célèbre chef gaulois. Les pièces d'argent du chef éduen, Dumnorix, qui datent de 50 av. JC environ, montrent d'un côté le profil du chef et de l'autre un guerrier celte tenant une tête décapitée et une corne de guerre (carnyx).

Certaines régions ont produit des motifs et des formes tout à fait uniques, comme les Regenbogenschüsselchen en or, en argent ou en électrum du sud de l'Allemagne et de la Bohême. Ces pièces ont la forme d'un bol miniature et ont été inspirées par la croyance selon laquelle les arcs-en-ciel, lorsque leurs extrémités touchent le sol, laissent une zone d'or en forme de plat. Les Regenbogenschüsselchen étaient souvent ornés d'images de torques, de têtes d'oiseaux, des globes ou des motifs et formes linéaires abstraits. Au Moyen Âge, on croyait que le fait de trouver ces anciennes pièces celtiques dans les champs ou partout où elles pouvaient apparaître apportait bonheur et santé.

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Traducteur

Caroline Martin
Française, ayant vécu au Royaume Uni pendant 20 ans, Caroline Martin est totalement bilingue. Lectrice passionnée depuis son plus jeune âge, elle a développé un amour de l'histoire qui remonte a ses années sur les bancs de l’école. Elle s'intéresse maintenant beaucoup à l'histoire en général et à la géopolitique.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur d'articles historiques installé en Italie. Il s'intéresse plus particulièrement à la poterie, à l’architecture, aux mythologies du monde et à la découverte des idées partagées par toutes les civilisations. Il est titulaire d’un Master en philosophie politique et éditeur en chef de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2021, mars 04). Monnaie celtique [Celtic Coinage]. (C. Martin, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19450/monnaie-celtique/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Monnaie celtique." Traduit par Caroline Martin. World History Encyclopedia. modifié le mars 04, 2021. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19450/monnaie-celtique/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Monnaie celtique." Traduit par Caroline Martin. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 04 mars 2021. Web. 28 nov. 2021.

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