Dynastie Ming

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Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Jerome Couturier
publié le 06 février 2019
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Texte original en Anglais : Ming Dynasty

Temple of Heaven, Forbidden City (by Michael Abshear, CC BY-NC-ND)
Temple du Ciel, Cité Interdite
Michael Abshear (CC BY-NC-ND)

La Dynastie Ming gouverna la Chine de 1368 à 1644, remplaçant la dynastie mongole Yuan qui était en place depuis le 13ème siècle. Malgré des défis intérieurs et extérieurs, la dynastie devait voir une croissance sans précédent de la population chinoise et une prospérité économique générale. Parmi ses réalisations notables, citons la construction de la Cité Interdite - la résidence impériale de Beijing (Pékin) - un épanouissement de la littérature et des arts, les explorations lointaines de Zheng He, et la production des porcelaines Ming bleu et blanc intemporelles. Finalement cependant, les mêmes vieux problèmes qui avaient affecté les régimes précédents touchèrent aussi les empereurs Ming: les factions de la cour, les luttes intestines et la corruption, les dépenses excessives du gouvernement et un mécontentement de la paysannerie qui alimentait les révoltes. En conséquence, les Ming appauvris économiquement, politiquement (et certains diraient même moralement) ne purent pas résister à l'invasion des Mandchous qui établirent la dynastie Qing à partir de 1644.

Aperçu Historique

La dynastie Ming fut établie à la suite de l'effondrement de la domination mongole de la Chine, sous la Dynastie Yuan (1271-1368). Les Yuan avaient été frappés par des famines, des épidémies, des inondations, un banditisme généralisé et des soulèvements paysans. Les dirigeants mongols se disputèrent aussi le pouvoir, et ne réussirent pas à écraser de nombreuses rébellions, y compris celle perpétrée par le groupe des Turbans Rouges, dirigé par un paysan appelé Zhu Yuanzhang (1328-1398). Le Mouvement des Turbans Rouges, une ramification du Mouvement Bouddhiste radical du Lotus Blanc, qui réagissait initialement contre le travail forcé sur les projets de construction du gouvernement, était surtout actif dans le nord de la Chine. Zhu reprit sa direction en 1355, et remplaça l'objectif politique traditionnel des Turbans Rouges, qui était de rétablir l'ancienne dynastie Song (960-1279), par son ambition personnelle de gouverner. Il réussit à obtenir un large soutien en abandonnant les politiques anti-confucéennes qui avaient aliéné les classes éduquées. Seul parmi les nombreux chefs rebelles de l'époque, Zhu comprit que pour établir un gouvernement stable, il avait besoin d'administrateurs, et pas seulement de guerriers à la recherche de butin.

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LE PREMIER COUP MAJEUR DE ZHU YUANZHANG FUT LA PRISE DE NANKIN EN 1356.

Le premier coup majeur de Zhu Yuanzhang fut la prise de Nankin (Nanjing, Jiangsu) en 1356. Les succès de Zhu continuèrent, il vainquit ses deux principaux chefs rebelles rivaux et leurs armées, d'abord Chen Youliang à la bataille du lac Poyang, Jiangxi (1363), puis Zhang Shicheng en 1367. À la mort de Han Lin'er - qui avait prétendu être l'héritier légitime de la lignée des Song - Zhu demeura le dirigeant le plus puissant de Chine. Il se déclara empereur en janvier 1368 sous le nom de règne de Hongwu (signifiant 'abondamment marital') et fonda la Dynastie Ming ('brillant'). L'Empereur Hongwu (ou Ming Taizu) devait régner jusqu'en 1398, et ses successeurs continuèrent ses efforts pour unifier la Chine grâce à un gouvernement centralisé fort, et consolidèrent ainsi l'emprise de la dynastie Ming. Un nouveau code de droit draconien fut élaboré (le Da Ming lü ou 'Grandes Déclarations'), les fonctionnaires dissidents furent impitoyablement punis ou exécutés, le Secrétariat, qui avait agi comme une limite bureaucratique au pouvoir impérial fut aboli, les obligations foncières et fiscales furent méticuleusement enregistrées, les gouvernements provinciaux furent réorganisés avec des membres de la famille impériale placés à leur tête, et le service militaire héréditaire fut imposé à la paysannerie dans les régions menacées. Le commerce international fut limité, car tout ce qui était étranger était considéré comme une menace pour le régime, et l'ancien système de tribut exigé des états voisins fut relancé.

The Hongwu Emperor
L'Empereur Hongwu
Unknown Artist (Public Domain)

Au début du 15ème siècle, les Mongols resurgirent aux frontières de la Chine, et ainsi l'Empereur Yongle (ou Chengzu, règne 1403-1424), deuxième fils de Hongwu, monté au trône après une guerre civile de trois ans, déplaça la capitale de Nanjing à Beijing (Pékin) en 1421 pour être mieux placé pour faire face à toute menace étrangère. Beijing fut agrandie à grands frais et entourée d'un mur d'enceinte de 10 mètres de haut mesurant environ 15 kilomètres de longueur totale. Le besoin d'approvisionnement en nourriture de la ville était tel que le Grand Canal fut approfondi et élargi pour que les navires céréaliers puissent facilement atteindre la capitale. La Grande Muraille de Chine fut également réparée pour mieux défendre la frontière nord. Les Ming cependant bénéficièrent grandement des divisions au sein de l'État Mongol. Celui-ci se trouvait généralement scindé en six groupes concurrents, ce qui limitait les attaques à des invasions sporadiques et hésitantes plutôt que de permettre un effort concerté pour restaurer la situation de la Chine comme elle était sous les Yuan. Les Mongols assiégèrent encore brièvement Beijing en 1449, mais la ville résista, et les envahisseurs se retirèrent dans la steppe.

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La stabilité du régime Ming et les réformes agricoles permirent une croissance économique significative et un accroissement du commerce international, maintenant à nouveau promu, en particulier à partir du 16ème siècle. Les empereurs étaient au départ un peu rétrogrades dans leurs politiques commerciales, imposant que certains pays n'utilisent que certains ports à certains moments, mais finalement ces règles furent assouplies, et l'Asie de l'Est devint un foyer de commerce de voisinage, tout en attirant les Espagnols, les Néerlandais et les Portugais. De grandes quantités d'argent-métal, en particulier, affluèrent en Chine via Manille, en provenance du Pérou et du Mexique sous contrôle européen. En 1557, les Portugais furent même autorisés à avoir leur propre base commerciale à Macao. Maintenant que les Ming avaient investi dans une flotte navale, cette ouverture du commerce aida également à faire la chasse à la piraterie rampante qui sévissait dans les eaux chinoises.

De tout nouveaux produits en provenance du Nouveau Monde arrivèrent, des productions exotiques comme les patates douces, le maïs, les tomates, les arachides et le tabac. Certains d'entre eux devaient être cultivés dans des régions de Chine ne convenant pas aux cultures locales, augmentant ainsi considérablement la production alimentaire, et donc aussi, la population. Au cours du règne de la dynastie, la population chinoise passa de 60-80 millions à 150-200 millions d'habitants. À mesure que les centres urbains se développaient, les femmes des classes les plus riches commencèrent à jouir de plus de liberté. Elles purent posséder des entreprises en propre, faire du commerce comme les marchands, et mener une vie indépendante en tant qu'artistes ou danseuses. À l'inverse, les modifications des lois sur l'héritage entraînèrent un recul du droit des femmes dans ce domaine. Les veuves, par exemple, ne pouvaient plus hériter de la terre de leur mari, et on ne souhaitait pas les voir se remarier.

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Map of the Ming Dynasty Territory
Carte du territoire de la dynastie Ming
Michal Klajban (CC BY-SA)

La prospérité économique de la Chine Ming créa, par conséquent, un essor des arts alors que se développait une classe noble plus riche, qui avait de l'argent à dépenser et un grand désir de montrer son appréciation des beaux-arts aux visiteurs de leurs maisons. Les goûts esthétiques ne se limitaient pas aux arts classiques, les jardins devinrent un moyen populaire pour les plus aisés de divertir les invités et d'exposer leur culture. Les jardins clos de Suzhou, où des roches spécialement choisies, des pins et des bambous taillés, des pavillons et des allées étaient disposés pour créer une imitation harmonieuse des scènes des peintures de paysages d'artistes renommés tels que Shen Zhou (1427-1509) et Dong Qichang (1555-1636), devinrent particulièrement célèbres.

L'EMPEREUR YONGLE ENVOYA ZHENG HE faire SEPT longs VOYAGES DIPLOMATIQUES ENTRE 1405 ET 1433.

La Dynastie Ming, en dépit de son succès politique dans la première moitié du règne, commença finalement à souffrir des mêmes problèmes que ceux qui avaient frappé tous les autres régimes en Chine dans le passé. Intrigues perpétrées par les eunuques de la cour, abus de pouvoir, en particulier exécutions de personnes arbitrairement considérées coupables et de leurs familles élargies, longue lignée de dirigeants sans talent, inefficaces et souvent erratiques, qui dépensaient plus qu'ils n'auraient dû sur des projets de construction grandioses, combats entre factions entre familles dirigeantes, gonflement d'un appareil parallèle d'eunuques et de fonction publique, chaque branche méprisant l'autre, révoltes paysannes contre des impôts incessants et domination dure de propriétaires souvent éloignés de leurs terres, tout cela fit des ravages et affaiblit la maîtrise des empereurs Ming sur le pouvoir.

La dynastie était déjà en déclin sous l'empereur Wanli (r. 1573-1620), en particulier lorsqu'il se retira des affaires de la cour en 1582, après la mort de son talentueux Grand Secrétaire Zhang Juzheng, qui avait, plus ou moins à lui seul, rendu l'appareil économique du pays beaucoup plus efficace et exempt de corruption. Le vide du pouvoir fut volontairement comblé par les eunuques de la cour, et l'économie plongea à la suite de plusieurs guerres extrêmement coûteuses contre les Mongols et les Japonais en Corée. Dans les années 1620, une baisse des températures moyennes, une vague d'inondations puis des sécheresses, affectèrent gravement les cultures, répandant ainsi la famine.

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Watchtower at the Great Wall of China
Tour de guet de la Grande Muraille de Chine
Emily Mark (CC BY-NC-SA)

En 1644, une armée rebelle dirigée par Li Zicheng (1605-1645) attaqua Beijing et, à son entrée dans la ville le 15 avril, le dernier empereur Ming, Chongzhen (r. 1628-1644), préféra se pendre plutôt que d'être capturé. En apprenant la nouvelle de la chute de la capitale, le commandant de l'armée Wu Sangui, en poste à Liaodong (Liaoning), dans le nord-est de la Chine, décida d'autoriser une armée mandchoue - qui avait déjà combattu les forces Ming à plusieurs reprises dans le passé et menaçait d'envahir à nouveau - à entrer en Chine sans entrave dans l'espoir qu'elle materaient la rébellion. En fait, malgré quelques poches de résistance loyalistes Ming, les Mandchous établirent leur propre dynastie, la Dynastie Qing (1644-1911) et Li Zicheng a fut tué par des paysans en 1645.

La Cité Interdite

L'une des contributions durables des empereurs Ming à l'histoire chinoise fut la construction de la Cité Interdite à Beijing. Connu en chinois comme Zijincheng ('Cité Interdite Pourpre') et commencé par l'empereur Yongle à partir de 1407, le complexe fut construit comme une résidence impériale. Les bâtiments étaient faits de bois peint en rouge avec des toits de tuiles en céramique jaune, et entourés d'un haut mur. Utilisé également par les empereurs de la Dynastie Qing, le complexe fut continuellement agrandi et restauré jusqu'à atteindre son impressionnante étendue actuelle de 7,2 kilomètres carrés.

Les bâtiments et leurs milliers de pièces sont tous soigneusement aménagés, avec un plan qui reflète la vision traditionnelle chinoise du monde. Au cœur du complexe, sur le site le plus élevé, se trouve le Pavillon de l'Harmonie Suprême, où se tenaient les réceptions impériales. D'autres pavillons s'étendent vers l'extérieur à partir de ce point central, tous construits selon un axe nord-sud. L'empereur lui-même et tous les hommes vivaient dans les bâtiments du côté est tandis que les femmes vivaient du côté ouest du complexe. La Cité Interdite comprenait également des bureaux gouvernementaux, tous agencés strictement en fonction du rang des fonctionnaires. Inutile de dire que la mention 'Interdite' découle de l'accès contrôlé au complexe, seuls les fonctionnaires de certains grades et les ambassadeurs invités étant autorisés à l'intérieur de ses murs. Aujourd'hui, le complexe contient la plus grande collection de trésors impériaux et d'œuvres d'art en Chine.

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Zheng He

L'un des images durables de la volonté de la dynastie Ming d'étendre les relations internationales est Zheng He (1371-1433), communément considéré comme le plus grand explorateur de la Chine. Né au Yunnan, dans le sud de la Chine, Zheng était un eunuque musulman, devenu amiral dans la flotte impériale. L'Empereur Yongle envoya Zheng faire sept longs voyages diplomatiques entre 1405 et 1433, chaque voyage impliquant plusieurs centaines de navires. Zheng navigua le long des routes établies vers la côte de l'Inde, le golfe Persique et la côte est de l'Afrique, mais bon nombre de ses destinations finales étaient aussi de nouveaux points de contact pour les Chinois.

Les voyages de Zheng He rallièrent l'Asie de l'Est à la sphère du système de tribut chinois, mais cela ne permit pas d'étendre le système beaucoup plus. Zheng rentra en Chine avec des cargaisons de marchandises précieuses, bien que la valeur de celles-ci ne correspondait généralement pas à celle des marchandises expédiées (par exemple, soie, thé et porcelaine), et qui visaient surtout à courtiser les dirigeants étrangers pour qu'ils envoient des ambassadeurs à la cour impériale de Pékin. Ceci était principalement destiné à légitimer le règne de Yongle et à perpétuer l'idée que l'empereur chinois était le plus grand dirigeant du monde. Moins tangible que la richesse, Zheng rapporta certainement beaucoup de connaissances sur les terres et les coutumes étrangères, et il envoya en Chine des marchandises exotiques tels que des girafes, des pierres précieuses et des épices.

Religion et Philosophie

Le Néo-Confucianisme continuait à dominer sous les Ming, comme il l'avait fait sous les Song. Les lettrés devinrent généralement plus curieux pendant les Ming, avec des penseurs aussi réputés que Wang Yangming (1472-1529) qui, influencé par le Bouddhisme Chan ('méditation silencieuse', Bouddhisme mahayana), proposa de nouvelles idées radicales. Wang pensait que tout le monde, même les gens du peuple, pouvaient développer leur connaissance innée de ce qui est juste par la contemplation (par opposition à la simple étude des textes confucéens), et que cela devait conduire à l'exécution d'actions justes. Ce qui est 'juste', était bien sûr sujet à débat, et les penseurs suivants de la dynastie Qing devaient citer cette subjectivité comme une raison du déclin moral qu'ils virent plus tard.

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Le Bouddhisme, le Taoïsme et les cultes locaux continuèrent à faire des adeptes. Ils devinrent cependant moins populaires que le Confucianisme, même si les monastères bouddhistes et les moines se multiplièrent pendant les années favorables du règne de Hongwu, premier empereur ayant passé une période de son enfance dans un monastère bouddhiste. Un développement du Bouddhisme pendant les Ming fut la doctrine selon laquelle on pouvait rejoindre le Nirvana en faisant de bonnes actions, et des actions particulières valaient certains points. Quand on atteignait un total de 10 000 points, le Nirvana était atteint. En général, comme pour le Confucianisme, il y eut donc une remise en cause de l'orthodoxie dans tous les modes de pensée, ce qui aboutit à de nouvelles approches souvent radicales, mais celles-ci ne devaient être vraiment vues, débattues ou suivies que par une minorité de la classe lettrée. Ces intellectuels avaient un forum pour développer leurs points de vue dans les nombreuses académies indépendantes qui virent le jour à la fin de la période Ming, dont la plus importante était l'Académie Donglin, fondée en 1604, et qui survécut jusqu'au 19ème siècle.

Réalisations Culturelles

En 1370, les Ming réintroduisirent le système traditionnel de concours de la fonction publique, qui avait été une voie essentielle de la progression sociale dans la Chine pré-mongole et qui devait se poursuivre jusqu'au 20e siècle. Les Ming introduisirent un système de quotas géographiques afin que les régions les plus riches ne dominent pas tous les postes de la fonction publique, comme c'était le cas avant. Dans le même temps, l'augmentation du nombre d'écoles eut pour résultat que les enfants dont les parents ne pouvaient pas se permettre de payer des cours particuliers pouvaient recevoir l'éducation nécessaire pour se préparer aux examens. La réussite de ces examens nécessitait l'étude de la littérature classique chinoise qui vit un renouveau du Confucianisme après les Yuan.

Il y eut plusieurs développements dans la littérature pendant les Ming. Grâce à de meilleures presses à imprimer, des livres ont pu être produits comme jamais auparavant, ils furent illustrés grâce aux impressions au bloc de bois pour les rendre plus attrayants, et la littérature elle-même fut rendue plus accessible par l'écriture dans la langue vernaculaire. On produisait des livres sur la façon de vivre une bonne vie, des manuels d'étiquette, des commentaires de textes classiques, des traités militaires, des notes de préparation aux examens, des recueils d'impressions au bloc de bois, des anthologies de poèmes, des œuvres érotiques, et bien sûr, de la fiction. Shui hu zhuàn ('Au Bord de l'Eau', à propos d'un groupe de bons bandits), Xi you ji ('Le Voyage vers l'Ouest', à propos d'un moine qui se rend en Inde pour recueillir des écritures bouddhistes) et Jin Ping Mei ('Fleur en Fiole d'Or', une satire osée du gouvernement Ming examinant la vie d'un riche marchand) furent tous - et restent - des romans célèbres. écrits dans la langue vernaculaire sous la Dynastie Ming. Sanguo yanyi, 'Les Trois Royaumes', écrit au 14ème ou 15ème siècle EC, souvent attribué à Luo Guanzhong, reste à ce jour l'un des romans chinois les plus populaires, avec ses contes fantastiques entrecroisés avec des personnages historiques, durant la chute de la Dynastie Han et le début de la Période des Trois Royaumes.

Les textes des pièces de théâtre que les troupes itinérantes interprétaient étaient une autre source de lecture populaire. L'une des pièces les plus populaires de toutes était Le Pavillon aux Pivoines (1550-1616), de Tang Xianzu. Écrit en 1598, il raconte l'histoire d'une jeune femme qui tombe amoureuse d'un jeune homme qu'elle ne rencontre qu'en rêve. La jeune fille meurt de solitude et enterre un portrait d'elle-même dans son jardin. Le jeune homme du rêve achète alors la maison, trouve le portrait, en tombe amoureux et ramène la jeune fille à la vie par la force de son affection.

Le Yongle Dadian, l'Encyclopédie de Yongle, fut créé sous le règne de l'empereur Yongle, c'est un gros recueil de toutes les œuvres littéraires chinoises importantes qui avaient survécu jusqu'à l'époque. L'ouvrage, qui représentait plus de 22 000 chapitres, était trop volumineux pour être imprimé, et malheureusement, la majeure partie de l'original fut perdue dans les conflits de la fin de la Dynastie Ming, et une copie disparut dans un incendie pendant la Révolte des Boxers (1899-1901). Environ 800 chapitres de l'encyclopédie existent encore dans diverses bibliothèques en dehors de la Chine.

Porcelaine Ming Bleu et Blanc

Enfin, il ne faut pas manquer de mentionner la porcelaine bleu et blanc qui symbolise aujourd'hui pour beaucoup la Dynastie Ming. Bien que les artistes de la dynastie Ming aient produit une large gamme de poteries, c'est cette fine porcelaine qui fut exportée avec un succès sans précédent. On la connaissait en fait sous les dynasties précédentes, mais elle fut perfectionnée à des niveaux de savoir-faire élevés sous les Ming. La porcelaine - une céramique dure, blanche pure et translucide - était fabriquée dans des centres aussi réputés que Jingdezhen, et vendue à travers la Chine et à un marché mondial qui l'appéciait et n'avait pas encore appris le secret de sa production. La porcelaine n'était pas seulement utilisée pour fabriquer des vases et de la vaisselle, elle était transformée en toutes sortes de produits, des accessoires de bureau aux mangeoires pour oiseaux. Les formes classiques et les motifs bleu de cobalt, qui faisaient souvent appel à des dessins de feuillage combinés à des scènes de paysage inspirées des peintures sur rouleaux, devaient être imités dans le monde entier, du Japon à l'Europe.

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Traducteur

Jerome Couturier
Je suis médecin, spécialisé en Génétique. J'aime l'Histoire et l'Antiquité depuis mon plus jeune âge. J'ai toujours eu un interêt pour la recherche dans divers domaines scientifiques, dont l'archéologie.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur d'articles historiques installé en Italie. Il s'intéresse plus particulièrement à la poterie, à l’architecture, aux mythologies du monde et à la découverte des idées partagées par toutes les civilisations. Il est titulaire d’un Master en philosophie politique et éditeur en chef de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2019, février 06). Dynastie Ming [Ming Dynasty]. (J. Couturier, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-17848/dynastie-ming/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Dynastie Ming." Traduit par Jerome Couturier. World History Encyclopedia. modifié le février 06, 2019. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-17848/dynastie-ming/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Dynastie Ming." Traduit par Jerome Couturier. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 06 févr. 2019. Web. 08 déc. 2021.

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