Vikings

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Sarah Bonningue
publié le 29 janvier 2018
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Disponible dans ces autres langues: anglais, italien, ukrainien, espagnol, bosniaque
Carved Viking Head (by Astrid Westvang, CC BY-NC-ND)
Sculpture de tête viking
Astrid Westvang (CC BY-NC-ND)

Les Vikings étaient, à l'origine, des navigateurs scandinaves originaires de Norvège, de Suède et du Danemark. Leurs raids et colonies eurent un impact significatif sur différentes cultures en Europe. Leur influence s’étendit jusqu’aux régions méditerranéennes autour de 790 à 1100. Tous les Vikings étaient Scandinaves, mais les Scandinaves n’étaient pas tous des Vikings.

Le terme viking s’applique uniquement à ceux qui naviguaient afin de piller à l’étranger, et ainsi, s’enrichir. Seuls les auteurs anglais employaient cette désignation, elle n’était utilisée dans aucune autre culture. La plupart des Scandinaves n’étaient pas des Vikings. Ceux qui commerçaient avec d’autres peuples étaient connus sous le nom de « Normands », « hommes du Nord » ou d’autres termes désignant leurs origines.

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À partir de l’an 793, les Vikings pillèrent des régions intérieures et côtières en Europe pendant 300 ans. Ils firent du commerce jusqu’aux confins de l’Empire byzantin à l’est et servirent même dans la Garde varangienne de l’empereur byzantin. Leur influence sur les cultures qu’ils rencontrèrent fut considérable sur pratiquement tous les aspects de la vie, notamment en Écosse, en Grande-Bretagne, en France et en Irlande. Ils fondèrent Dublin, colonisèrent la Normandie (pays des Normands), établirent la province de Danelaw en Grande-Bretagne et implantèrent de nombreuses communautés à travers toute l’Écosse.

LA CULTURE SCANDINAVE ÉTAIT EN RÉALITÉ TRÈS DÉVELOPPÉE, LES RAIDS VIKINGS NE CONSTITUENT QU’UN ASPECT DE CETTE CIVILISATION.

Leurs colonies en Islande et au Groenland permirent de répandre la culture scandinave jusqu’en Atlantique Nord, une position idéale pour le développement de l’exploration et de la colonisation. Les Vikings furent les premiers Européens à voyager jusqu’en Amérique du Nord et à y établir des communautés. L’Anse aux Meadows, sur l’île canadienne de Terre-Neuve, fut reconnue comme l’une des premières colonies vikings. Certains continuent néanmoins de débattre sur la question de savoir si certains sites allant du Maine à Rhode Island, et même plus au sud, sont des colonies vikings ou la preuve de leur passage en Amérique du Nord.

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Si les Vikings sont communément représentés par des guerriers portant des casques à cornes, ceci est historiquement inexact. Cela n’aurait pas été pratique de porter des casques à cornes au combat, ils ne devaient sûrement les porter qu’à l’occasion de cérémonies. Les Vikings étaient de grands guerriers et leur nom est aujourd’hui synonyme de guerre, massacre et destruction en raison de l’image faite d’eux par les médias. Toutefois, la culture scandinave était en réalité très développée, les raids vikings ne constituent qu’un aspect de cette civilisation.

Nom

L’origine du mot viking fait toujours débat parmi les universitaires. Le professeur Kenneth W. Harl fait partie de ceux qui ont une approche traditionnelle, affirmant que le terme viking « provient du norrois vik, signifiant baie ou petit fjord, là où les pirates attaquent les bateaux des marchands » (3). Le philologue Henry Sweet affirme que le mot est dérivé du vieux norrois pour « pirate » (Whitelock, 222). Le professeur Peter Sawyer avance que le mot provient de Viken, la région qui longe le fjord d’Oslo. Il écrit :

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Ce district avait une grande importance, car les Danois pouvaient s’y procurer le fer produit en Norvège. Si le mot viking se référait à l’origine aux habitants de Viken, ce qui est très probable, cela expliquerait pourquoi seuls les Anglais désignaient les pirates scandinaves par « Vikings » : l’Angleterre était la cible évidente des hommes de Viken qui choisissaient de devenir des pirates en exil. (8)

Le professeur Sawyer souligne que toutes les autres cultures utilisaient des noms différents pour désigner ces individus, mais aucune autre ne les appelait Vikings. Les archives irlandaises parlent de païens ou seulement d’étrangers, les Français les appelaient les Normands, les Slaves les dénommaient les Rus (qui donna son nom à la Russie) et les Allemands les connaissaient sous le nom de Ashmen en référence à leur utilisation du bois de frêne pour leurs bateaux.

Viking Boat Figurehead
Figure de proue d'un navire viking
Jamie McCaffrey (CC BY-NC-SA)

Les Vikings employaient eux-mêmes ce mot pour désigner les raids armés pour les pillages d’autres pays. L’expression provenant du vieux norrois fara i viking (partir en expédition) ne signifiait pas partir en mer pour le commerce, cela signifiait annoncer son intention de rejoindre les rangs de pirates pour envahir des endroits stratégiques d’autres pays.

Culture

La culture viking était scandinave, la société étant divisée en trois classes sociales : les Jarls (aristocratie), les Karls (classe inférieure), et les Thralls (esclaves). Les Karls pouvaient monter dans l’échelle sociale, mais pas les Thralls. L’esclavage était très répandu à travers le territoire scandinave et est considéré comme la principale raison expliquant les raids vikings dans d’autres pays.

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L’ESCLAVAGE ÉTAIT TRÈS RÉPANDU À TRAVERS LE TERRITOIRE SCANDINAVE ET EST CONSIDÉRÉ COMME LA PRINCIPALE RAISON EXPLIQUANT LES RAIDS VIKINGS DANS D’AUTRES PAYS.

Dans la culture scandinave/viking, les femmes avaient davantage de libertés que dans bien d’autres. Elles pouvaient hériter de biens, choisir où et comment vivre leur vie si elles n’avaient pas de mari, se représenter elles-mêmes pour des affaires juridiques et avoir leur propre commerce (ex. : brasseries, tavernes, échoppes et fermes). Les prophétesses de la déesse Freyja ou du dieu Odin étaient des femmes, elles interprétaient les messages des dieux pour le peuple. Aucun homme ne faisait partie des chefs religieux.

Les mariages étaient arrangés par les hommes du clan, ni la femme ni l’homme ne pouvaient choisir son partenaire. Les habits et bijoux des femmes ressemblaient à ceux des hommes appartenant à la même classe sociale. Aucun des deux ne portait de boucles d’oreilles, symbole d’affectation à des races inférieures. Les femmes devaient élever les enfants et s’occuper du foyer, mais les hommes préparaient à manger pour la famille tout comme les femmes.

Nombre de Scandinaves étaient fermiers, mais on comptait également des forgerons, des armuriers, des brasseurs, des marchands, des tisserands, des luthiers (fabricants d’instruments à cordes), des fabricants de tambours, des poètes, des musiciens, des artisans, des charpentiers, des joailliers et bien d’autres professions. Le commerce de l’ambre, la résine fossile des conifères, était une source de revenus considérable en raison de son abondance dans ces régions. Très souvent, l’ambre échouait sur les côtes scandinaves avant d’être taillé en bijoux ou vendu à l’état semi-transformé, en particulier sur les territoires de l’Empire romain et de l’Empire byzantin.

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Comme n’importe quelle culture, les Scandinaves profitaient de leur temps libre en pratiquant des sports, en jouant à des jeux de société ou en organisant des festivals. Parmi ces sports figuraient : les combats simulés, la lutte, l’escalade, la natation, le lancer du javelot, la chasse, un spectacle de combats de chevaux dont nous connaissons peu de choses et un jeu similaire au hockey connu sous le nom de Knattleik. Parmi les jeux de société, on compte les dés, les jeux de stratégie comme les échecs et d’autres similaires.

Lewis Chessmen
Figurines de Lewis
Jagoba Barron (CC BY-SA)

Contrairement à l’image faite habituellement des Vikings, sauvages et sales, c’était en réalité un peuple raffiné qui apportait une grande attention à l’hygiène et à l’apparence. Une fois que le commerce fut établi avec des pays de l’est, les Jarls vikings avaient pour habitude de porter de la soie et des bijoux de valeur. Leurs cheveux étaient tressés, ils étaient soignés, portaient de belles capes et des colliers, brassards et bracelets conçus avec soin.

La propreté n’était pas seulement un symbole de richesse et de statut social, elle avait également une importance religieuse. Les Vikings s’assuraient de toujours avoir les ongles coupés court en raison de leur croyance en le Ragnarök. Il symbolise le crépuscule des dieux et la fin du monde, lorsque le bateau Naglfar apparaît flottant sur les flots, déferlé par le serpent géant Jörmungand. Naglfar est fait à partir des ongles des morts, donc quiconque meurt avec les ongles longs contribue à la construction du bateau et précipite la fin inévitable.

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Religion nordique

Si la fin du monde fut prédestinée, il est toujours possible de l’empêcher. Les dieux nordiques offraient au peuple le souffle de la vie, chaque individu devait se montrer digne de ce cadeau. Ces dieux sont apparus en Scandinavie en même temps que les migrations germaniques, soit vers le début de l’âge de bronze (vers 2300 à 1200 av. JC). C’étaient des dieux farouches qui savaient que leur temps était compté, ainsi ils profitaient pleinement de la vie et encourageaient leurs partisans à faire de même.

Les principales sources sur les croyances nordiques sont l’Edda poétique datant des traditions orales du IXe et Xe siècle ap. JC et de l’Edda en prose (vers 1220), une collection de récits basés sur d’anciennes histoires. D’après les mythes nordiques, le monde n’était composé avant sa création que de glace et d’un géant dénommé Ymir qui naquit de la vache Audhumla. Elle nourrit Ymir du lait de ses pis tandis qu’elle léchait en même temps la glace pour se nourrir. De la glace qu’elle léchait fut libéré le dieu Buri, qui enfanta un fils, Bor.

Codex Regius of the Poetic Edda
Codex Regius de l'Edda poétique
Unknown (Public Domain)

Bor se maria avec Bestla, fille du géant de glace Bolthron, et de cette union naquirent les dieux Odin, Vili et Vé. Ensemble, ces derniers tuèrent Ymir et se servirent de sa dépouille pour bâtir le monde. Ask et Embla devinrent les premiers êtres humains, ce n’est que lorsqu’Odin leur insuffla la vie qu’ils obtinrent forme et esprit. Les autres dieux leur donnèrent la raison et la passion.

Le monde créé par les dieux était représenté par un arbre gigantesque, connu sous le nom d’Yggdrasil, qui comportait 9 royaumes. Les plus réputés d’entre eux sont Midgard (royaume des hommes), Asgard (royaume des dieux), Alfheim (royaume des elfes) et Niflheim, le royaume des morts, situé en dessous de Midgard. Les femmes héroïques, en particulier celles mortes en couches, se rendaient dans la halle de Frigg à Asgard où elles passaient l’éternité auprès de la femme d’Odin tandis que les hommes morts au combat se rendaient dans la halle d’Odin à Valhalla.

Le monde entier fut établi selon les principes d’ordre d’Odin et des autres dieux après leur victoire contre les géants de glace. Ces derniers vivaient dans leur royaume, Jötunheim, mais ils constituaient une menace permanente pour Asgard et Midgard. Un jour viendra le jour de la destruction et le chaos se répandra partout : il s’agit de Ragnarök, le crépuscule des dieux.

Valhalla
Le Valhalla
Emil Doepler (Public Domain)

Lorsque le Ragnarök se produirait, le loup Sköll mangerait le soleil et son frère Hati la lune, ce qui plongerait le monde dans les ténèbres tandis que le loup géant Fenrir ravagerait les mondes d’Yggdrasil. Le dieu Heimdall sonnerait de son cor pour appeler les dieux à se battre et Odin appellerait tous les héros des halles de Valhalla à se joindre aux dieux pour défendre la création. Les dieux se battraient vaillamment, mais finiraient par tomber au combat pendant que le monde entier serait englouti par les flammes et les eaux originelles. Si cela aurait pour conséquence la fin du monde, ce ne serait cependant pas la fin de la vie : une fois le monde actuel détruit, un nouveau serait créé, resurgissant des eaux, et un cycle complet se répéterait.

Les dieux nordiques étaient honorés par les actions de ceux qui avaient foi en eux. Aucune preuve attestant d’une quelconque hiérarchie religieuse ne fut trouvée en Scandinavie avant l’arrivée du Christianisme. Les femmes bénies des dieux étaient connues sous le nom de Völva, elles pouvaient entendre la parole divine et la transmettre aux autres mortels. Si certains temples furent érigés en l’honneur des dieux, la plupart des lieux de culte semblaient être des lieux naturels qui avaient un lien avec une certaine divinité. Les récits sur les dieux, la création et le Ragnarök furent à l’origine transmis oralement, ce n’est que bien plus tard qu’ils furent consignés par le poète/historien islandais Snorri Sturluson (1179-1241).

Construction navale et raids vikings

La mythologie nordique influençait la culture viking et encourageait les raids, car la vie des Vikings reproduisait celle que menaient les dieux. De braves guerriers partaient combattre des forces considérées comme chaotiques et dangereuses. Du point de vue des Vikings, les croyances européennes et méditerranéennes auraient été considérées comme absurdes et dangereuses : la foi en un seul dieu et son fils le sauveur, la nécessité d’avoir des prêtres, des églises, des nonnes, des livres et des règles à respecter. Rien dans l’enseignement chrétien ne faisait écho à l’idéologie nordique. Dès que les Scandinaves maîtrisèrent l’art de la construction navale et « devinrent pirates », ils n’eurent aucune pitié pour les communautés chrétiennes qu’ils rencontrèrent. Cependant, parmi les premiers colons scandinaves à l’étranger, beaucoup d’entre eux adoptèrent la nouvelle foi.

Des gravures scandinaves datant de 4000-2300 av. JC montrent qu’ils avaient déjà appris à construire des navires à cette période. Ces petites embarcations étaient dirigées avec des rames, elles n’avaient pas de quille et auraient été bien trop périlleuses pour de longs trajets. Néanmoins, des preuves attestent de l’existence de tels trajets. La construction navale ne dépassa le stade des petits ferries qu’autour de 300-200 av. JC et ne se développa pas avant les interactions avec les commerçants romains et les marchands celtes et germaniques grâce à la technologie romaine vers 200 et 400 ap. JC. Le premier navire capable de naviguer facilement en mer est connu sous le nom de bateau du Nydam, provenant du Danemark. Il fut construit vers 350-400 ap. JC, bien qu’il ne possède aucune voile.

Nydam Ship
Bateau de Nydam
Erik Christensen (CC BY-SA)

Cependant, bien avant le développement de la quille ou de la voile, un certain nombre de commerçants scandinaves établirent des communautés permanentes en Europe et s’assimilèrent à la culture chrétienne, oubliant les récits sur les dieux nordiques et leurs anciennes pratiques religieuses. Le professeur rapporte qu’en 625 ap. JC :

Les parents scandinaves dans les pays germaniques occidentaux s’étaient convertis au Christianisme et avaient commencé à oublier leurs histoires. Entre 650 et 700 ap. JC, de nouvelles cultures émergèrent en Angleterre, chez les Francs et en Frise, ce qui conduisit à une séparation entre la Scandinavie et les nouveaux États formés suite à la chute de l’Empire romain. (25)

Cette « séparation » s’explique principalement par des différences religieuses et comportementales. Le dieu chrétien était supposé être omnipotent, omniscient et omniprésent, une conception qui s’éloignait énormément des dieux nordiques qui, comme les autres religions païennes, avaient chacune leur propre domaine d’expertise, leur propre vie et leurs propres préoccupations, et dont les actions expliquaient le monde observable, contrairement au dieu chrétien. Pour les Vikings, l’univers était composé de dieux, d’esprits et de forces surnaturelles qui créaient un monde riche en aventures et en défis. Chez les chrétiens, une seule divinité dirigeait un monde plein de péchés. Cette différence de point de vue influença l’attitude des Vikings vis-à-vis des chrétiens lors de leurs raids.

Lindisfarne
Lindisfarne
Damian Entwistle (CC BY-NC-SA)

Pour un guerrier nordique, tuer des civils sans armes et voler leurs biens aurait été considéré un déshonneur. C’est pourtant ce que les Vikings firent entre 793 et 1100. Ils justifiaient leurs actes par le fait que ceux qu’ils pillaient n’étaient pas Scandinaves, ils n’avaient pas les mêmes croyances donc les règles de la société viking ne s’appliquaient pas à eux.

Lorsque les Vikings arrivèrent en Grande-Bretagne et saccagèrent le prieuré de Lindisfarne en 793, ils y assassinèrent tous les moines et emportèrent tous les objets de valeur. Si les victimes avaient été Scandinaves, cela aurait été considéré comme un crime grave, mais en l’occurrence, les moines n’étaient que des obstacles à l’acquisition de richesses. De plus, il était tout à fait clair que le dieu chrétien n’avait aucun pouvoir pour défendre son peuple s’il pouvait être tué si facilement au sein de son propre lieu de culte.

Expansion et héritage

Comme ce fut le cas pour les Huns et l’Empire romain des siècles plus tôt, les chrétiens européens interprétèrent les raids vikings comme étant le symbole de la colère de Dieu sur leurs peuples pour leurs péchés. En Grande-Bretagne, Alfred le Grand (871-899) mit en place des réformes en matière d’éducation afin d’instruire son peuple et d’apaiser son dieu. Ses traités avec les Vikings comportaient une clause stipulant qu’ils devaient se convertir à la religion chrétienne. Lorsqu’Alfred vainquit l’armée viking menée par Guthrum lors de la Bataille d’Ethandun en 878, Guthrum et 30 de ses chefs de clan durent se convertir et se faire baptiser.

En France, Charlemagne (800-814) adopta une solution bien plus radicale en tentant de convertir les Scandinaves au christianisme de force au moyen de campagnes militaires. Celles-ci eurent pour conséquence la destruction de sites sacrés des croyances nordiques et l’instauration du christianisme comme une foi ennemie d’un peuple hostile. Les actions de Charlemagne expliqueraient la brutalité des raids vikings selon de nombreux historiens, cependant cette vision ne prend pas en considération les raids menés en Grande-Bretagne et Irlande entre 793 et 800. Il ne fait aucun doute que les guerres saintes évangéliques de Charlemagne n’ont guère encouragé les Scandinaves à accepter le christianisme, elles n’ont fait qu’accroître l’animosité et la division.

Au tout début de l’ère viking en Europe, les pilleurs des mers n’étaient que de simples pirates. Ils finirent néanmoins par devenir de grandes armées menées par des chefs militaires expérimentés et charismatiques, par conquérir de vastes territoires, établir des communautés et se mêler à la population locale.

L’ère viking est connue pour ses chefs nordiques légendaires tels que Halfdan Ragnarsson (également appelé Halfdane, 865-877), son frère Ivar le Désossé (870), Guthrum (890), Harald à la dent bleue (985), son fils Sven à la Barbe Fourchue (986-1014), Knut le Grand (1016-1035) et Harald Hardrada (1046-1066). Parmi d’autres explorateurs nordiques réputés de l’époque, on peut compter Erik le Rouge (mort en 1003) et Leif Erikson (mort vers 1020). Ils explorèrent et colonisèrent le Groenland et l’Amérique du Nord.

Global Extent of Viking Exploration
Étendue de l'exploration viking dans le monde
Simeon Netchev (CC BY-NC-SA)

Les Vikings ne furent jamais vaincus en masse au combat et aucun affrontement unique ne mis un terme à l’ère viking. La plupart des universitaires s’accordent à dire que 1066 marque la date de fin de l’ère viking, lorsque Harald Hardrada fut tué lors de la bataille de Stamford Bridge. Cependant d’autres raids vikings se produisirent par la suite. Nombre de facteurs ont contribué à marquer la fin de l’ère viking, mais aucun n’est sûrement aussi significatif que la christianisation de la Scandinavie aux Xe et XIe siècles. La religion nordique fut la dernière des grandes croyances païennes à se convertir au christianisme, et à partir de ce moment-là, la nouvelle foi n’inspirait plus à « devenir Viking ».

Les Vikings ont influencé la culture de chaque nation rencontrée sur bien des aspects : allant de l’architecture au langage, des infrastructures à la poésie, aux noms de lieu, des réformes militaires à l’alimentation et aux vêtements et certainement ce qui concerne la guerre et la construction navale. Fréquemment dépeints par les écrivains médiévaux comme une bande de maraudeurs barbares et meurtriers, les Vikings sont réimaginés comme des sauvages nobles au début du XXe siècle et c’est souvent ainsi qu’ils sont représentés aujourd’hui. Les Vikings n’étaient pourtant aucun des deux. Ils appartenaient à une classe de guerriers sophistiqués et cultivés qui, de par leurs croyances religieuses, avaient compris qu’en pillant les autres pays pour leurs propres intérêts, ils n’avaient rien à perdre, mais tout à y gagner.

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Traducteur

Sarah Bonningue
Traductrice indépendante, de l'anglais et l'allemand vers le français, diplômée de l'Université de Lille (membre du réseau EMT). Passionnée par les langues étrangères, l'histoire et l'environnement.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2018, janvier 29). Vikings [Vikings]. (S. B. , Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-16741/vikings/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Vikings." Traduit par Sarah Bonningue . World History Encyclopedia. modifié le janvier 29, 2018. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-16741/vikings/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Vikings." Traduit par Sarah Bonningue . World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 29 janv. 2018. Web. 27 sept. 2022.

Adhésion