Égypte Ancienne

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Jerome Couturier
publié le 02 septembre 2009
X

Texte original en Anglais : Ancient Egypt

The Great Sphinx of Giza (by Jorge Láscar, CC BY)
Le Grand Sphinx de Gizeh
Jorge Láscar (CC BY)

L'Égypte est un pays d'Afrique du Nord, sur la mer Méditerranée, et le lieu de l'une des plus anciennes civilisations du monde. Le nom 'Égypte' vient du grec 'Aiguptos' qui était la prononciation grecque du nom égyptien ancien 'Hwt-Ka-Ptah' ('Maison de l'Esprit de Ptah'), à l'origine nom de la ville de Memphis. Memphis était la première capitale de l'Égypte et un célèbre centre religieux et commercial. Le fait de désigner le pays par le nom de la ville atteste du statut élevé que celle-ci avait.

Les anciens Égyptiens connaissaient simplement leur pays sous le nom de Kemet, signifiant 'Terre noire', en raison du sol riche et sombre le long du Nil, lieu des premiers établissements. Plus tard, le pays fut connu sous le nom de Misr qui signifie 'pays', nom encore utilisé par les Égyptiens aujourd'hui. L'Égypte prospéra pendant des milliers d'années (d'environ 8000 à 30 av. JC) en tant que nation indépendante, fameuse pour ses grandes avancées culturelles dans tous les domaines de la connaissance humaine, des arts à la science en passant par la technologie et la religion. Les grands monuments pour lesquels l'Égypte ancienne est toujours admirée reflètent la splendeur et la profondeur de la culture égyptienne qui influença tant de civilisations anciennes, parmi lesquelles la Grèce et Rome.

Supprimer la pub

Advertisement

L'une des raisons de la longue réputation de la culture égyptienne est l'accent mis sur la beauté de l'expérience humaine. Les grands monuments, les tombes, temples et œuvres d'art célèbrent tous la vie, et demeurent comme des témoins de ce qui exista autrefois et de ce que les êtres humains sont capables d'accomplir de meilleur. Bien que l'Égypte ancienne soit souvent associée à la mort et aux rites funéraires dans la culture populaire, quelque chose parle aux gens à travers les âges sur ce que signifie être un être humain, et sur le pouvoir du souvenir.

L'HISTOIRE ÉCRITE DE L'ÉGYPTE COMMENCE ENTRE 3400 ET 3200 AV. JC LORSQUE LA CULTURE NAGADA III DÉVELOPPA L'ÉCRITURE HIéROGLYPHIQUE.

Pour les Égyptiens, la vie sur terre n'était qu'un aspect d'un voyage éternel. L'âme était immortelle et n'habitait physiquement un corps que pendant une courte période. À la mort, on devait comparaître pour le jugement dans la Salle de la Vérité et, si on le méritait, on passait vers un paradis éternel connu comme 'Le Champ des Roseaux' qui était une image miroir de la vie du mort sur terre. Une fois arrivé au paradis, on pouvait vivre paisiblement en compagnie de ceux qu'on avait aimés sur terre, y compris ses animaux de compagnie, dans le même voisinage, près du même cours d'eau, sous les mêmes arbres que ceux que l'on pensait avoir perdus à la mort. Cette vie éternelle cependant, n'était accessible qu'à ceux qui avaient vécu selon le bien et selon la volonté des dieux dans le lieu le plus propice à ce but, la terre d'Égypte.

Supprimer la pub

Advertisement

L'Égypte a une longue histoire qui va bien au-delà de l'écrit, des histoires des dieux ou des monuments qui ont rendu sa culture célèbre. On a observé des évidences de surpâturage du bétail datant d'environ 8000 av. JC sur ce qui est maintenant le désert du Sahara. Ces preuves, ainsi que les objets découverts, indiquent une civilisation agricole florissante dans la région à cette époque. Comme la terre était principalement aride, les nomades chasseurs-cueilleurs recherchèrent la fraîcheur de la source d'eau de la vallée du Nil et ils commencèrent à s'y installer un peu avant 6000 av. JC.

Naqada II pottery
Poterie Epoque Nagada II
Guillaume Blanchard (CC BY-SA)

L'agriculture organisée commença dans la région vers 6000 av. JC, et des communautés connues sous le nom de culture de Badari (site de Moyenne-Egypte) commencèrent à prospérer le long du fleuve. L'industrie se développa à peu près à la même époque, comme en témoignent les ateliers de faïence découverts à Abydos datant d'environ 5500 av. JC. La culture Badari fut suivie par celles d'El-Amra, d'El-Girza et de Nagada (aussi appelées Nagada I, II, et III, respectivement), qui toutes contribuèrent de manière significative au développement de ce qui est devenu la civilisation égyptienne. L'histoire écrite du pays commence entre 3400 et 3200 av. JC, lorsque la culture Nagada III developpa l'écriture hiéroglyphique. La momification des morts était déjà pratiquée dans la ville de Hiérakonpolis vers 3500 av. JC, et de grandes tombes en pierre furent construites à Abydos. La ville de Xoïs (dans le delta du Nil) était déjà rapportée comme ancienne vers 3100-2181 av. JC sur l'inscription de la fameuse Pierre de Palerme (qui porte une partie des annales de l'Ancien Empire). Comme dans d'autres cultures dans le monde, les petites communautés agraires se sont centralisées et progressivement développées en centres urbains plus grands.

Vous aimez l'Histoire?

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire gratuite!

Débuts de l'Histoire de l'Égypte

La Première Période Dynastique, ou Période Thinite (vers 3150-2613 av. JC) du nom de sa capitale Thinis (Haute-Egypte), vit l'unification des royaumes du nord et du sud sous le roi Ménès (ou Meni) de Haute-Égypte, qui conquit la Basse-Égypte vers 3118 ou 3150 av. JC. Cette version de l'histoire ancienne est rapportée dans l'Ægyptiaca (Histoire de l'Égypte) du prêtre-historien Manéthon qui vécut au 3ème siècle av. JC, sous la Dynastie Ptolémaïque (323-30 av. JC). Bien que sa chronologie ait été contestée par les historiens ultérieurs, elle est encore régulièrement consultée pour la succession dynastique et les débuts de l'histoire de l'Égypte.

Narmer Palette [Two Sides]
La Palette de Narmer (deux faces)
Unknown Artist (Public Domain)

L'œuvre de Manéthon est la seule source qui cite Ménès et la conquête, et l'on pense maintenant que l'homme que Manéthon appelait 'Ménès' était le roi Narmer, qui unit pacifiquement la Haute et la Basse-Égypte sous son seul règne. L'identification de Ménès avec Narmer est cependant loin d'être universellement acceptée, et Ménès fut aussi associé de façon crédible au roi Hor-Aha (vers 3100-3050 av. JC), qui lui succéda. Une explication de l'association de Ménès avec son prédécesseur et son successeur est que 'Ménès' est en fait un titre honorifique signifiant 'celui qui endure', et non un nom personnel, il a ainsi pu donc désigner plusieurs rois. L'assertion selon laquelle le pays fut unifié par une campagne militaire est également contestée car l'inscription de la fameuse Palette de Narmer, qui présente une victoire militaire, est considérée par certains chercheurs comme une propagande royale. Le pays a peut-être d'abord été uni pacifiquement, mais cela semble cependant peu probable.

Les désignations géographiques dans l'Égypte ancienne se réfèrent la direction du Nil, la Haute-Égypte est donc la région sud, et la Basse-Égypte, la région nord, proche de la mer Méditerranée. Narmer régna depuis la ville d'Hierakonpolis (Haute-Egypte), puis de Memphis (Basse-Egypte) et Abydos (Haute-Egypte). Le commerce augmenta considérablement sous les souverains de la Première Période Dynastique, et des tombes-mastabas élaborées, précurseurs des pyramides ultérieures, se développèrent ainsi que des pratiques funéraires comprenant des techniques de momification de plus en plus sophistiquées.

Supprimer la pub

Advertisement

Les Dieux

À partir de la Période Prédynastique (vers 6000-3150 av. JC), la culture égyptienne était dominée par la croyance aux dieux. Un des premiers mythes égyptiens de la création raconte l'histoire du dieu Atoum, originaire d'Héliopolis (dans le delta, région du Caire), se tenant au milieu du chaos tourbillonnant avant le début des temps, et parlant de la création vers l'existence. Atoum était accompagné de la force éternelle de la heka (magie), personnifiée dans le dieu Heka, et par d'autres forces spirituelles qui devaient animer le monde. La heka était la force primitive qui infusait l'univers et faisait fonctionner toutes choses. Elle permettait également la valeur centrale de la culture égyptienne, la maât, harmonie et équilibre.

Tous les dieux et leurs responsabilités revenaient à la maât et à l'heka. Le soleil se levait et se couchait comme il le faisait, la lune parcourait le ciel, et les saisons allaient et venaient conformément à l'équilibre et à l'ordre, ce que ces deux agents rendaient possible. Maât était aussi personnifiée en une divinité, la déesse à la plume d'autruche, à qui chaque roi promettait ses pleines capacités et son dévouement. Le roi était associé au dieu Horus dans la vie et à Osiris dans la mort, sur la base d'un mythe qui devint le plus influent de l'histoire égyptienne.

Egyptian God Osiris
Le Dieu Égyptien Osiris
Ali Kalamchi (Copyright)

Osiris et sa sœur-épouse Isis étaient les monarques primordiaux qui gouvernèrent le monde et offrirent au peuple les dons de la civilisation. Le frère d'Osiris, Seth, devint jaloux de lui et l'assassina, mais il fut ramené à la vie par Isis, qui enfanta alors son fils Horus. Osiris renaquit incomplet cependant, et descendit donc gouverner le monde souterrain des morts tandis qu'Horus une fois mature, vengea son père et battit Seth. Ce mythe illustrait comment l'ordre triomphait du chaos, et il devait devenir un motif persistant dans la religion égyptienne, les rituels mortuaires, les textes religieux et l'art. Il n'y eut pas de période pendant laquelle les dieux ne jouèrent pas un rôle essentiel dans la vie quotidienne des Égyptiens, et cela dès les premiers temps de l'histoire du pays.

Supprimer la pub

Advertisement

L'Ancien Empire

Au cours de la période connue comme l'Ancien Empire (vers 2613-2181 av. JC), l'architecture destinée à honorer les dieux se développa à un rythme accru et c'est à ce moment que certains des monuments d'Égypte les plus fameux, tels que les pyramides et le Grand Sphinx de Gizeh, furent construits. Le roi Djéser (ou Djoser), qui régna vers 2670 av. JC, construisit la première pyramide à degrés à Saqqarah, conçue par son architecte en chef et médecin Imhotep (vers 2667-2600 av. JC). Il écrivit l'un des premiers textes médicaux décrivant le traitement de plus de 200 maladies différentes, évoquant que la cause d'une maladie pouvait être naturelle, et non résultat de la volonté des dieux. La Grande Pyramide de Khéops (dernière des Sept Merveilles du Monde antique) fut construite pendant le règne du roi (2589-2566 av. JC), avec les pyramides de Khéphren (2558-2532 av. JC) et de Mykérinos (2532-2503 av. JC).

The Pyramids, Giza, Egypt
Les Pyramides de Gizeh
Shellapic76 (CC BY)

La splendeur des pyramides telles qu'elles devaient apparaître à l'origine sur le plateau de Gizeh, avec leur revêtement de calcaire blanc poli, témoignait de la puissance et de la richesse des souverains à cette période. Les théories abondent sur la façon dont ces monuments et tombes furent construits, mais les architectes et chercheurs modernes sont loin d'être d'accord sur l'une d'entre elles. Pour certains, compte tenu de la technologie de l'époque, un monument tel que la Grande Pyramide de Gizeh ne devrait pas exister. D'autres affirment cependant, que l'existence de tels bâtiments et tombes suggère une technologie supérieure perdue avec le temps.

On ne dispose d'absolument aucune preuve que les monuments du plateau de Gizeh - ou tout autre en Égypte - furent construits par le travail d'esclaves, il n'existe également aucune preuve appuyant une lecture historique du Livre biblique de l'Exode. La plupart des savants réputés rejettent donc aujourd'hui l'hypothèse de la construction des pyramides par le travail d'esclaves, bien qu'il y eut certainement des esclaves de différentes nationalités en Égypte, en particulier employés dans les mines. Les monuments égyptiens étaient considérés comme des travaux publics de l'état, et employaient des ouvriers égyptiens qualifiés et non qualifiés dans la construction, tous payés pour leur travail. Les travailleurs du site de Gizeh, qui n'était qu'un parmi de nombreux autres, recevaient une ration de bière trois fois par jour, et leur logement, leurs outils et même leurs besoins de soins de santé.

Supprimer la pub

Advertisement

La Première Période Intermédiaire et les Hyksos

L'ère connue sous le nom de Première Période Intermédiaire (2181-2040 av. JC) vit un déclin du pouvoir du gouvernement central à la suite de son effondrement. Des districts largement indépendants avec leurs propres gouverneurs se développèrent dans toute l'Égypte jusqu'à ce que deux grands centres émergent: Hierakonpolis en Basse-Égypte et Thèbes en Haute-Égypte. Ces centres fondèrent leurs propres dynasties qui gouvernèrent leurs régions de manière indépendante et se battirent par intermittence les uns avec les autres pour le contrôle suprême jusque vers 2040 av. JC, lorsque le roi thébain Montouhotep II (vers 2061-2010 av. JC) vainquit les forces de Hierakonpolis et unit l'Égypte sous le règne de Thèbes.

LE MOYEN EMPIRE EST CONSIDÉRÉ COMME L''ÂGE CLASSIQUE' DE L'éGYPTE ALORS QUE L'ART ET LA CULTURE ATTEIGNAIENT DES SOMMETS ET QUE THèBES DEVINT LA VILLE LA PLUS IMPORTANTE ET LA PLUS RICHE.

La stabilité fournie par la domination thébaine permit l'épanouissement de ce que l'on appelle le Moyen Empire (2040-1782 av. JC). Cette période est considérée comme 'l'Âge Classique' de l'Égypte alors que l'art et la culture atteignaient des sommets, et que Thèbes devint la ville la plus importante et la plus riche du pays. Selon les historiennes Lorna Oakes et Lucia Gahlin, "les rois de la 12ème Dynastie étaient des souverains puissants qui établirent le contrôle non seulement sur l'ensemble de l'Égypte mais aussi sur la Nubie au sud, où plusieurs forteresses furent construites pour protéger les intérêts commerciaux égyptiens" (11). La première armée permanente fut créée pendant le Moyen-Empire par le roi Amenemhat I (vers 1991-1962 av. JC), le temple de Karnak fut commencé sous Sésostris Ier (vers 1962-1928 av. JC), et une partie des chefs d'oeuvre de la littérature et de l'art égyptiens furent produits à cette époque. La 13ème Dynastie cependant, fut plus faible que la 12ème et troublée par des problèmes internes qui permirent à un peuple étranger, les Hyksôs de prendre le pouvoir en Basse-Égypte autour du delta du Nil.

Les Hyksos sont un peuple mystérieux, très probablement de la région de Syrie/Palestine, proche des Cananéens, qui apparut pour la première fois en Égypte vers 1800 av. JC, et s'installa dans la ville d'Avaris (partie est du delta). Alors que les noms des rois Hyksos sont d'origine sémitique, aucune ethnie définie n'a été établie pour eux. Les Hyksos grandirent en puissance jusqu'à être capables de prendre le contrôle d'une partie importante de la Basse-Égypte vers 1720 av. JC, amenant la Dynastie Thébaine de Haute-Égypte presqu'à la situation d'état vassal.

Map of Ancient Egypt
Carte de l'Egypte ancienne
Tina Ross (Copyright)

Cette ère est connue comme la Deuxième Période Intermédiaire de l'Égypte (vers 1782-1570 av. JC). Alors que les Hyksos (dont le nom signifie simplement 'souverains étrangers') étaient détestés des Égyptiens, ils introduisirent de nombreuses améliorations dans la culture égyptienne telles que l'arc composite, le cheval et le char, la rotation des cultures, ainsi que dans le travail du bronze et de la céramique. Au même moment, les Hyksos contrôlaient les ports de la Basse-Égypte, et vers 1700 av. JC, le royaume de Kush s'était développé au sud de Thèbes, en Nubie, et tenait maintenant cette frontière. Les Égyptiens lancèrent un certain nombre de campagnes pour chasser les Hyksos et soumettre les Nubiens, mais toutes échouèrent jusqu'à ce que le prince Ahmôsis Ier de Thèbes (vers 1570-1544 av. JC) réussisse et unifie le pays sous la domination thébaine.

Le Nouvel Empire et la Période d'Amarna

Ahmôsis Ier initia ce qui est connu comme la période du Nouvel Empire (vers 1570-1069 av. JC); celle-ci qui vit de nouveau une grande prospérité dans le pays sous un gouvernement central fort. Le titre de 'pharaon' pour le souverain de l'Égypte vient de cette période, les premiers monarques étaient simplement appelés rois. Beaucoup des souverains égyptiens les plus connus aujourd'hui régnèrent pendant cette période et la majorité des grandes structures de l'architecture égyptienne telles que le Ramesseum, Abou Simbel, les temples de Karnak et de Louxor, et les tombes de la Vallée des Rois et de celle des Reines furent créées ou largement améliorées pendant cette période.

Entre 1504-1492 av. JC, le pharaon Thoutmôsis Ier consolida son pouvoir et élargit les frontières de l'Égypte jusqu'à l'Euphrate au nord, la Syrie et la Palestine à l'ouest, et la Nubie au sud. Son règne fut suivi par celui de la reine Hatchepsout (1479-1458 av. JC) qui développa considérablement le commerce avec d'autres nations, notamment le pays de Pount (vers le Soudan?). Son règne de 22 ans fut un règne de paix et de prospérité pour l'Égypte.

Portrait of Queen Hatshepsut
Portrait de la reine Hatchepsout
Rob Koopman (CC BY-SA)

Son successeur, Thoutmôsis III, poursuivit sa politique (bien qu'il ait essayé d'effacer tout souvenir d'elle car, pense-t-on, il ne voulait pas qu'elle serve de modèle pour les autres femmes puisque seuls les hommes étaient considérés comme dignes de régner) et, au moment de sa mort en 1425 av. JC, l'Égypte était une grande et puissante nation. La prospérité conduisit, entre autres, au développement du brassage de la bière en différentes variétés, et à la libération de plus de temps libre pour la pratique du sport. Les progrès de la médecine permirent des améliorations de la santé.

Le bain était depuis longtemps une partie importante de la vie quotidienne des Égyptiens, encouragé par la religion et le clergé. À cette époque, cependant, des bains plus élaborés furent construits, probablement plus pour les loisirs que pour la simple hygiène. Le papyrus gynécologique de Kahun (dans le village d'El-Lahoun, dans le Fayoum) traitant de la santé des femmes et des contraceptifs, fut rédigé vers 1800 av. JC, et semble avoir été très utilisé par les médecins à cette période. La chirurgie et la dentisterie étaient toutes deux largement pratiquées et avec une grande habileté, et la bière était prescrite par les médecins pour soulager les symptômes de plus de 200 maladies différentes.

Kahun Gynaecological Papyrus
Papyrus Gynécologique de Kahun
Francis Llewellyn Griffith (Public Domain)

En 1353 av. JC, le pharaon Amenhotep IV succéda au trône et, peu de temps après, changea son nom en Akhenaton ('esprit vivant d'Aton') pour refléter sa croyance en un seul dieu, Aton (symbolisé par le disque solaire). Les Égyptiens, comme indiqué précédemment, croyaient traditionnellement en de nombreux dieux dont l'importance influençait tous les aspects de leur vie quotidienne. Parmi les plus populaires de ces divinités figuraient Amon, Osiris, Isis et Hathor. Le culte d'Amon, à cette époque, était devenu si prospère que les prêtres étaient presque aussi puissants que le pharaon. Akhenaton et son épouse, Néfertiti, renoncèrent aux croyances et coutumes religieuses traditionnelles de l'Égypte et instituèrent une nouvelle religion basée sur la reconnaissance d'un seul dieu.

AKHENATON FUT LE PREMIER SOUVERAIN À COMMANDER DES STATUES ET UN TEMPLE EN HONNEUR DE SON ÉPOUSE ET NON SEULEMENT POUR LUI OU POUR LES DIEUX.

Ses réformes religieuses coupèrent efficacement le pouvoir des prêtres d'Amon et le passèrent entre ses mains. Il déplaça la capitale de Thèbes à Amarna pour éloigner davantage le lieu du pouvoir de celui de ses prédécesseurs. Ceci est connu comme la Période Amarnienne (1353-1336 av. JC) au cours de laquelle Amarna devint la capitale du pays et les coutumes religieuses polythéistes furent interdites.

Parmi ses nombreuses réalisations, Akhenaton fut le premier souverain à commander des statues et un temple en l'honneur de son épouse et non seulement pour lui ou pour les dieux. Il utilisa l'argent qui allait autrefois aux temples pour la réalisation de travaux publics et de parcs. Le pouvoir du clergé déclina à mesure que celui du gouvernement central augmentait, ce qui semblait être le but d'Akhenaton, mais il échoua à agir pour le meilleur intérêt de son peuple. Les Lettres d'Amarna indiquent clairement qu'il était plus préoccupé par ses réformes religieuses que par la politique étrangère ou les besoins du peuple égyptien.

Son règne fut suivi par celui de son fils, souverain égyptien le mieux connu à l'époque moderne, Toutankhamon, qui régna vers 1336-1327 av. JC. Il s'appelait à l'origine Toutankhaton pour refléter les croyances religieuses de son père mais, montant au trône, il changea son nom en Toutankhamon pour honorer l'ancien dieu Amon. Il restaura les anciens temples, supprima toutes les références au dieu unique de son père, et réinstalla la capitale à Thèbes. Son règne fut écourté par sa mort et aujourd'hui, il est surtout célèbre pour la splendeur intacte de sa tombe, dont la découverte en 1922 fit sensation dans le monde à l'époque.

Death Mask of Tutankhamun
Masque Mortuaire de Toutankhamon
Richard IJzermans (CC BY-NC-SA)

Le plus grand souverain du Nouvel Empire fut cependant Ramsès II (aussi appelé Ramsès le Grand, 1279-1213 av. JC) qui initia les projets de construction les plus élaborés de tous les souverains égyptiens, et qui régna si efficacement qu'il put se donner les moyens de ses ambitions. Bien que la célèbre Bataille de Qadesh, entre Ramsès II et le roi Hittite Muwatalli II (en 1274 av. JC), soit aujourd'hui considérée comme un match nul, Ramsès II la considérait comme une grande victoire égyptienne et se célébra comme un champion du peuple, puis comme un dieu, sur ses nombreux monuments.

La Bataille de Qadesh est décrite sur son temple d'Abou Simbel, entre autres. Suivant l'exemple d'Akhenaton, il dédia le petit temple sur ce site à son épouse préférée, Néfertari. Sous le règne de Ramsès II, le plus ancien traité de paix du monde fut signé en 1258 av. JC, le Traité de Kadesh, et l'Égypte jouit d'une richesse presque sans précédent, comme en témoigne le nombre des monuments construits ou restaurés sous son règne.

Khâemouaset (vers 1281-1225 av. JC), quatrième fils de Ramsès II, est connu comme le 'Premier Égyptologue' pour ses efforts de préservation et d'enregistrement des anciens monuments, des temples et des noms de leurs propriétaires d'origine. C'est en grande partie grâce à l'initiative de Khâemouaset que le nom de Ramsès II est si présent sur tant de sites antiques en Égypte. Khâemouaset laissa la marque de ses réalisations en tant que constructeur et propriétaire d'origine d'un monument ou temple, ainsi que celle du nom de son père.

Abu Simbel Panorama
Panorama d'Abou Simbel
Dennis Jarvis (CC BY-SA)

Ramsès II régna si longtemps qu'il survécut à la plupart de ses enfants et de ses épouses, et devint connu des générations suivantes comme 'le Grand Ancêtre'. À l'époque, tous ses sujets ne connaissaient que lui comme souverain et n'avaient aucun souvenir d'un autre. Ramsès II jouit d'une durée de vie exceptionnellement longue de 96 ans, soit plus du double de la durée de vie moyenne d'un ancien égyptien. À sa mort, il fut rapporté que beaucoup craignaient que la fin du monde soit arrivée du fait qu'ils n'avaient connu aucun autre pharaon, ni une Égypte différente de celle de Ramsès II.

Déclin de l'Égypte et Avènement d'Alexandre le Grand

Vers cette époque, la grande richesse de l'Égypte avait attiré l'attention des Peuples de la Mer qui commençaient à faire des incursions régulières le long de la côte. Les Peuples de la Mer, comme les Hyksos et les Philistins, seraient originaires du sud de la mer Égée (mais ceci est très incertain aujourd'hui). Entre 1276 et 1178 av. JC, ils étaient une menace pour la sécurité égyptienne. Ramsès II les avait vaincus dans une bataille navale au début de son règne, tout comme son successeur Mérenptah (1213-1203 av. JC). Après la mort de Mérenptah cependant, ils redoublèrent d'efforts, pillant Qadesh alors sous contrôle égyptien, et ravageant la côte. Entre 1180 et 1178 av. JC, Ramsès III, dernier grand pharaon du Nouvel Empire, les combattit, et les vainquit finalement à la bataille de Xoïs en 1178 av. JC.

À la suite du règne de Ramsès III, ses successeurs tentèrent de maintenir sa politique mais ils se heurtèrent de plus en plus à la résistance du peuple égyptien, à celle des territoires conquis et, en particulier, à celle de la classe des prêtres. Dans les années ayant suivi la restauration de l'ancienne religion d'Amon par Toutankhamon, et en particulier pendant la grande période de prospérité sous Ramsès II, les prêtres d'Amon avaient acquis de grandes étendues de terre et amassé de grandes richesses qui menaçaient maintenant le gouvernement central et perturbaient l'unité de Egypte. À l'époque de Ramsès XI (1107-1077 av. JC), à ​​la fin de la 20ème Dynastie, le gouvernement égyptien était devenu si affaibli par le pouvoir et la corruption du clergé que le pays se fractura de nouveau, et l'administration centrale s'effondra, initiant la Troisième Période Intermédiaire, vers 1069-525 av. JC.

Map of the Third Intermediate Period
Carte de la Troisième Période Intermédiaire
Jeff Dahl (CC BY-SA)

Sous le roi koushite (du Pays de Koush, Soudan actuel) Piye (752-722 av.J.-C.), l'Égypte fut à nouveau unifiée et la culture prospéra, mais à partir de 671 av. JC, les Assyriens sous Assarhaddon commencèrent leur invasion de l'Égypte, la conquérant en 666 av. JC sous son successeur Assurbanipal. N'ayant pas fait de plans à long terme pour le contrôle du pays, les Assyriens le laissèrent en ruine entre les mains des souverains locaux et l'abandonnèrent à son sort. L'Égypte se reconstruisit et se fortifia à nouveau cependant, et c'est l'état dans lequel elle se trouvait lorsque Cambyse II de Perse l’écrasa à la bataille de Péluse (à l'est du delta) en 525 av. JC. Connaissant la vénération que les égyptiens avaient pour les chats (considérés comme des représentations vivantes de la déesse populaire Bastet), Cambyse ordonna à ses hommes de peindre des chats sur leurs boucliers et d’amener des chats et autres animaux sacrés devant l’armée égyptienne, vers Péluse. Les forces égyptiennes se rendirent et le pays tomba aux mains des Perses. Il devait rester sous occupation perse jusqu'à l’arrivée d'Alexandre le Grand en 332 av. JC.

Alexandre fut accueilli en libérateur et conquit l'Égypte sans combat. Il fonda la ville d'Alexandrie et partit à la conquête de la Phénicie et du reste de l'Empire Perse. Après sa mort à Babylone en 323 av. JC, son général, Ptolémée Ier Sôter, ramena son corps à Alexandrie, et fonda la Dynastie Ptolémaïque (323-30 av. JC). La dernière des Ptolémées fut Cléopâtre VII qui se suicida en 30 av. JC après la défaite de ses forces (et de celles de son époux Marc Antoine) par les Romains sous Octave, à la bataille d'Actium (31 av. JC). L'Égypte devint ensuite une province de l'Empire Romain (30 av. JC-476 ap. JC) puis de l'Empire Byzantin (vers 527-646 ap. JC), jusqu'à ce qu'elle soit conquise par les arabes sous le calife Omar en 646 ap. JC, et tombe sous domination musulmane.

Artist's Depiction of an Excavation in Egypt
Vue d'Artiste d'une Fouille en Égypte
Mohawk Games (Copyright)

La gloire du passé de l'Égypte fut cependant redécouverte au cours des 18 et 19ème siècles, et ceci eut un impact profond sur la compréhension actuelle de l'histoire antique et du monde. L'historien Will Durant exprime un sentiment ressenti par beaucoup:

L'effet ou le souvenir de ce que l'Égypte accomplit à l'aube même de l'histoire a une influence chez chaque nation et à chaque époque. 'Il est même possible', comme l'a dit Faure, 'que l'Égypte, par la solidarité, l'unité, et la variété maîtrisée de ses produits artistiques, par la durée énorme et la puissance soutenue de son effort, offre le spectacle de la plus splendide civilisation qui soit apparue sur la terre. Nous ferons bien de l'égaler. (217)

La culture et l'histoire égyptiennes ont longtemps suscité une fascination universelle; que ce soit à travers le travail des premiers archéologues au 19ème siècle, comme Champollion qui déchiffra la Pierre de Rosette en 1822, ou par la célèbre découverte du tombeau de Toutankhamon par Howard Carter en 1922. L'ancienne croyance égyptienne en la vie comme un voyage éternel, créé et entretenu par la magie divine, inspira des cultures et des croyances religieuses ultérieures. Nombre des images et des croyances de la religion égyptienne ont trouvé leur chemin dans la nouvelle religion du Christianisme et beaucoup de ses symboles sont reconnaissables aujourd'hui avec pour beaucoup la même signification. Le fait que tant d'œuvres d'imagination, des films aux livres et aux peintures, en passant par les croyances religieuses, ont été et continuent d'être inspirées par sa vision élevée et profonde de l'univers et de la place de l'humanité dans celui-ci, est un témoignage important de la puissance de la civilisation égyptienne.

Supprimer la pub

Publicité

Traducteur

Jerome Couturier
Je suis médecin, spécialisé en Génétique. J'aime l'Histoire et l'Antiquité depuis mon plus jeune âge. J'ai toujours eu un interêt pour la recherche dans divers domaines scientifiques, dont l'archéologie.

Auteur

Joshua J. Mark
Écrivain indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2009, septembre 02). Égypte Ancienne [Ancient Egypt]. (J. Couturier, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-74/egypte-ancienne/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Égypte Ancienne." Traduit par Jerome Couturier. World History Encyclopedia. modifié le septembre 02, 2009. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-74/egypte-ancienne/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Égypte Ancienne." Traduit par Jerome Couturier. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 02 sept. 2009. Web. 21 oct. 2021.